Plusieurs Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) et Mutuelles de solidarité (MUSO) fonctionnent dans des conditions difficiles ces derniers temps dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
C’est ce qu’indiquent des membres de ces structures dans un entretien accordé à Radio Maendeleo, jeudi 9 juillet 2026.
Parmi les principales difficultés figurent l’incapacité pour les membres de poursuivre les cotisations telles que fixées, mais aussi de rembourser les crédits.
En effet, les revenus de certains membres ont sensiblement diminué, notamment à la suite de l’arrêt de plusieurs activités, des cas de pillage enregistrés dans certaines zones ainsi que de la difficulté d’accès aux champs pour ceux dont les revenus dépendaient essentiellement de l’agriculture.
À cela s’ajoutent la fermeture prolongée des institutions de microfinance et des banques, ainsi que le fait que plusieurs membres vivent en déplacement, loin de leurs villages où ils ont tout abandonné.
Alors qu’elles étaient devenues un véritable levier de relance économique et de survie pour plusieurs ménages, notamment en soutenant les femmes exerçant le petit commerce, ces structures ne parviennent plus à fonctionner normalement.
Pour Espérance Murhandikire, secrétaire de l’association Maman Tondé Tondé de Kavumu, en territoire de Kabare, la situation socio-économique de nombreux ménages se dégrade de jour en jour en raison de l’inactivité de ces structures.
De l’agriculture à l’élevage, en passant par le petit commerce, plus rien ne fonctionne normalement, déplore-t-elle.
Elle plaide pour un accompagnement de la part des organisations et des personnes de bonne volonté en faveur de ces structures, dont dépendent les moyens de subsistance de nombreux ménages.
Elle appelle également les membres des AVEC et des MUSO à faire preuve de résilience, à ne pas baisser les bras et à rester de bonne foi en remboursant les crédits contractés lorsque cela est possible, afin de préserver la viabilité de ces structures.
Enfin, Espérance Murhandikire demande aux autorités de renforcer les mesures sécuritaires dans les territoires afin de permettre aux populations de relancer leurs activités en toute sécurité.
Par Alain Kabika