La redynamisation et la modernisation des archives historiques de la République démocratique du Congo contribueraient à préserver la mémoire collective, à renforcer la recherche scientifique et à mettre à la disposition des générations présentes et futures un patrimoine documentaire fiable et accessible.
À cela s’ajoute la nécessité de recourir aux technologies numériques afin d’assurer une meilleure conservation, une consultation plus rapide des documents, mais aussi une valorisation durable du patrimoine archivistique national.
Cette réflexion ressort d’un atelier organisé par Action pour le Développement et l’Entrepreneuriat (ADE), en partenariat avec l’ISP/Bukavu, dans le cadre du lancement officiel du projet « EAP 1795 : Sauvegarde et numérisation des archives historiques de l’Est de la RDC de 1880 à 1970 ».
À en croire Kulondwa Makura Darius, chef de programme d’ADE, l’objectif de ce projet est d’identifier, de sauvegarder et de numériser les archives historiques menacées de disparition.
Le souci est de préserver la mémoire nationale, de faciliter les travaux de recherche et de transmettre un héritage documentaire authentique aux générations futures.
De son côté, l’un des panélistes et chef de travaux, Jean-Marie Vianney Kazunguzibwa, rappelle qu’une archive est un document, quel qu’en soit le support, qui témoigne d’un fait, d’un événement ou d’une activité et constitue une source essentielle de l’histoire.
Selon lui, une partie des archives de la RDC est aujourd’hui menacée de disparition, tandis qu’une autre a été falsifiée durant la période coloniale afin de servir certains intérêts administratifs et politiques de l’époque.
La conservation des archives est actuellement confrontée à plusieurs défis, notamment l’absence d’une politique nationale efficace d’archivage, le manque de moyens techniques et financiers, ainsi que les conflits intercommunautaires qui exposent de nombreux fonds documentaires à la destruction.
Pour lui, la numérisation des archives contribuera à assurer leur sauvegarde à long terme et à promouvoir le patrimoine historique congolais à l’échelle nationale et internationale.
Signalons que ce projet, d’une durée de trois mois, est soutenu par la British Library et mis en œuvre par l’organisation ADE-RDC, en partenariat avec l’ISP de Bukavu. Il a réuni des acteurs académiques, religieux et des spécialistes des archives autour de l’enjeu de la préservation, de la valorisation et de la transmission de la mémoire historique de la République démocratique du Congo.
Par Myriam Mufano