Plus de onze cas d’enlèvement ont été signalés au cours des trois derniers mois dans les groupements de Bugorhe, Miti et Mudaka, dans la partie nord du territoire de Kabare, au Sud-Kivu.
Ceci ressort du monitoring réalisé par les défenseurs des droits humains du territoire de Kabare, dont les résultats ont été partagés au cours d’un entretien avec Radio Maendeleo ce lundi 13 juillet 2026.
Il en ressort que les victimes sont enlevées soit à leurs domiciles par des inconnus, soit en cours de route ou dans leurs champs. Souvent, les membres de leurs familles constatent tout simplement leur disparition dans des circonstances inconnues, indiquent des défenseurs des droits humains dans la zone.
Si certaines familles reçoivent des messages d’inconnus exigeant des rançons ou proférant des menaces, d’autres restent sans aucune nouvelle de leurs proches enlevés pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Après le paiement des rançons, certaines victimes sont libérées dans un état de santé critique. Pour d’autres, ce sont des corps sans vie qui sont retrouvés plus tard.
Les défenseurs des droits humains dans la partie nord du territoire de Kabare estiment que cette situation inquiète de plus en plus les habitants, qui craignent pour leur sécurité.
Ils appellent les autorités à renforcer la protection des personnes et de leurs biens. Ils invitent également la population à rester unie, à promouvoir l’amour et le pardon et, en cas de conflit, à privilégier la médiation plutôt que les règlements de comptes.
Interrogé à ce sujet, le chef adjoint du centre commercial de Kavumu chargé de la sécurité et du développement, Ngengele Munganga Fiston, indique que les autorités sont à pied d’œuvre pour démanteler les réseaux criminels à l’origine de ces enlèvements.
Il appelle la population au calme, à dénoncer tout cas suspect et à collaborer avec les services de sécurité.
Signalons que l’insécurité persistante dans cette partie du territoire est déjà à l’origine d’un exode rural de plusieurs familles, qui préfèrent s’installer à Bukavu, dans d’autres provinces du pays, dans les pays voisins ou encore dans des centres jugés plus sûrs.
Par Samuel Habamungu