Plus de 5 600 personnes du village de Buhozi, dans le groupement de Mudusa en territoire de Kabare, vivent actuellement dans des conditions précaires après la destruction de leurs parcelles et habitations par des glissements de terrain survenus depuis 2024.
Réparties en 557 ménages, ces victimes comprennent 786 adultes et 2 623 enfants, dont 302 garçons et 485 filles de moins de cinq ans. S’y ajoutent 677 garçons et 1 159 filles en âge scolaire.
Ces chiffres sont contenus dans un rapport du comité des victimes, consulté jeudi 23 avril 2026.
Selon ce document, ces catastrophes ont causé d’importants dégâts depuis février 2024, notamment la destruction de deux établissements scolaires, le Complexe scolaire SINELAC et l’école NYATENDE, ainsi que les locaux d’une coopérative d’épargne et de crédit de la place.
À ce jour, plusieurs familles sinistrées sont dispersées dans différentes entités, sans adresse fixe. Certaines avaient trouvé refuge dans une église, mais celle-ci a également été ravagée par un incendie il y a quelques mois, explique Héritier Mongane, porte-parole des victimes.
Privées d’espace de vie, de terres cultivables et d’accès aux soins de santé ainsi qu’à une alimentation adéquate, ces familles vivent dans une précarité accrue, ajoute-t-il.
Malgré les risques, certains habitants ont tenté de regagner le site, mais de nouveaux éboulements les ont contraints à fuir à nouveau. Le porte-parole rappelle que les études menées sur place recommandent la délocalisation de tous les occupants.
Héritier Mongane lance un appel aux autorités, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté pour une assistance urgente, notamment à travers des solutions de relocalisation et un appui multiforme pour leur relèvement.
Dans un entretien accordé le 12 avril, le géologue et spécialiste des glissements de terrain, Toussaint Mugaruka Bibentyo, avait déjà alerté sur la dangerosité du site, estimant qu’il devrait être déclaré inhabitable. S’appuyant sur des recherches menées sur place, cet enseignant à l’Université Officielle de Bukavu avait recommandé la délocalisation des populations et l’abandon du site afin de suivre l’évolution du phénomène.
Par Myriam Mufano