Réunies le week-end dernier à la paroisse Fatima de Kinshasa, 36 organisations de la société civile et mouvements citoyens en République démocratique du Congo jugent inopportune et non prioritaire toute initiative de changement de la Constitution, dans un contexte d’occupation d’une partie du territoire national et de fragilité institutionnelle.
Dans une déclaration rendue publique, les organisations signataires disent s’être réunies dans le cadre de la « Journée de concertation des OSC sur les enjeux contextuels et le rôle de la société civile pour la paix et la sauvegarde des acquis démocratiques en RDC ».
Elles notent que le contexte reste marqué par l’occupation d’une partie du territoire, les souffrances accrues des populations civiles, les déplacements massifs, l’exil forcé des opposants, les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire, ainsi que les menaces contre l’intégrité territoriale.
Ces organisations font observer également que le récent vote de la loi référendaire dans ce contexte ne fait que raviver l’inquiétude dans un pays où les discours de haine prennent de l’ampleur, suivis de manipulations politiques et de l’instrumentalisation de la jeunesse à des fins partisanes, avec un risque de confrontations populaires.
Les signataires demandent aux élus de se rappeler leur responsabilité dans la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la démocratie, mais aussi de retenir que l’histoire retiendra les décisions qu’ils auront prises dans ces moments aussi critiques.
Ils proposent par ailleurs la suspension du processus de vote de la loi référendaire dans ce contexte, tout en appelant la classe politique à faire preuve de responsabilité, de patriotisme et de retenue face à toute initiative ou discours susceptible de compromettre la paix sociale et les efforts amorcés dans le cadre du processus de paix.
« La RDC ne peut se permettre une nouvelle crise politique majeure alors qu’elle fait déjà face à la guerre, à une crise humanitaire et sanitaire, et à ces menaces sérieuses contre son unité et son intégrité territoriale », lit-on dans cette déclaration.
Au Président de la République, les 36 organisations signataires demandent de conduire le peuple congolais vers la paix, de préserver la cohésion nationale, d’éviter l’escalade des tensions politiques, de détendre le climat politique en évitant de promulguer la loi référendaire et d’abandonner l’initiative de changement de la Constitution en cette période.
Enfin, elles appellent le peuple congolais à demeurer vigilant, et les partenaires tant nationaux qu’internationaux à soutenir les organisations de la société civile dans leurs efforts pour la préservation de la démocratie et la cohésion nationale.
Par Etienne Mulindwa