La sortie des 54 élus démocrates américains ne traduit pas simplement une inquiétude sur le sort des Congolais. Elle révèle surtout un désaccord politique aux États-Unis sur la manière dont l’administration Trump cherche à sécuriser l’accès aux minerais stratégiques congolais, notamment dans sa rivalité avec les autres puissances.
C’est ce que pense l’analyste Joseph Baraka, directeur de l’Institut Patrice Emery Lumumba, au lendemain de la lettre signée par ces parlementaires américains.
Selon lui, derrière cette bataille entre démocrates et républicains se trouve aussi la volonté de Washington de sécuriser durablement ses intérêts dans les ressources minières congolaises, sans tenir compte des réalités sur le terrain.
Il s’interroge dès lors sur les bénéfices réels que la RDC pourrait tirer de ces accords et s’inquiète des changements institutionnels qui pourraient, selon lui, favoriser des acteurs capables de garantir les intérêts étrangers dans le pays.
Pour Joseph Baraka, cette situation doit surtout pousser les Congolais à exiger davantage de transparence et de contrôle sur les accords qui engagent leurs ressources.
Il juge paradoxal que des élus américains demandent des comptes à leur propre gouvernement sur une question qui concerne directement la RDC, alors que les parlementaires congolais ne le font pas auprès des institutions.
Joseph Baraka estime que ces préoccupations doivent désormais nourrir le débat national, notamment sur la gestion des ressources minières, le respect de l’ordre constitutionnel et les intérêts de la population.
Par Omeur Mudekereza