La multiplication des accords, résolutions et engagements internationaux autour de la crise dans l’Est de la RDC ne doit pas faire perdre de vue la réalité vécue par les populations, au risque de voir la souffrance se normaliser avec le temps. C’est l’analyse d’Elodie Ntamuzinda, quelques jours après les échanges consacrés à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies.
La population au centre des engagements
Pour cette actrice de la société civile, les engagements pris au niveau international constituent certes un signal, mais leur véritable portée doit être appréciée à partir de leurs effets sur la vie quotidienne des citoyens.
Elle estime que la population doit rester au centre des réflexions et des actions, particulièrement dans l’Est du pays où des millions de personnes sont confrontées aux déplacements, à la fermeture ou à l’inaccessibilité de certains services sociaux de base ainsi qu’à l’absence de perspectives.
Le risque d’une normalisation de la crise
Elodie Ntamuzinda met en garde contre une forme de normalisation progressive de la situation.
Selon elle, lorsque les jours et les années passent sans amélioration significative, les conditions exceptionnelles liées à la crise risquent progressivement d’être considérées comme une situation ordinaire.
Les couloirs humanitaires au cœur des interrogations
L’actrice de la société civile questionne également l’effectivité des engagements déjà pris, citant notamment la question des couloirs humanitaires.
Selon elle, au-delà de leur inscription dans les accords, il faut vérifier s’ils sont réellement ouverts et permettent effectivement aux populations d’accéder à l’aide dont elles ont besoin.
Des engagements à mesurer par des résultats concrets
Pour Elodie Ntamuzinda, les résolutions des Nations unies, les Objectifs de développement durable, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les différents engagements régionaux ne devraient pas rester de simples slogans.
Elle appelle à mesurer leur mise en œuvre à travers des indicateurs concrets et surtout à évaluer leur impact sur les populations.
Autrement dit, estime-t-elle, il ne suffit plus de constater qu’un accord a été signé ; il faut également pouvoir mesurer ce qu’il a changé dans la vie des citoyens.
Quelle place pour les populations dans le dialogue politique ?
Son analyse s’étend également au dialogue politique envisagé pour contribuer à la recherche de la paix.
Elodie Ntamuzinda s’interroge notamment sur le format de ce dialogue, son niveau d’inclusivité et surtout sur la place qui sera accordée aux préoccupations des populations.
Elle appelle ainsi tous les acteurs concernés par la crise, à quelque niveau qu’ils se trouvent, à faire de la protection de la vie humaine et de la dignité des citoyens une priorité effective.
Par Omeur Mudekereza