Les acteurs de la société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu plaident pour la mise en place d’un dialogue global et inclusif afin de contribuer à mettre fin à la guerre en République démocratique du Congo. Ils demandent que ce processus prenne en compte les différentes dimensions de la crise, aux niveaux national, régional et international.
Ils l’ont déclaré lors d’un point de presse tenu à Goma, à l’issue d’une réunion consacrée à l’examen de la situation sociopolitique du pays.
Pour ces acteurs de la société civile, la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC nécessite un processus qui ne se limite pas aux seuls aspects sécuritaires, mais qui prenne également en compte les différentes dynamiques à l’origine et autour du conflit.
Des réformes jugées nécessaires
Au-delà du dialogue, les représentants de la société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu appellent également à des réformes électorales, sécuritaires et judiciaires.
Ils plaident par ailleurs pour la mise en œuvre de la justice transitionnelle, qu’ils présentent comme l’un des éléments à prendre en compte dans la recherche d’une réponse durable aux crises que connaît le pays.
Selon eux, les réformes devraient notamment contribuer à renforcer les institutions et à créer les conditions nécessaires à une sortie durable de la crise.
La population au centre du processus de paix
Les acteurs de la société civile insistent également sur la nécessité de placer les populations au cœur des démarches engagées pour rechercher la paix.
Pour eux, les efforts de règlement du conflit ne devraient pas se faire au détriment des personnes qui continuent de subir les conséquences de la guerre, notamment dans les zones affectées par les violences.
Ils appellent ainsi les différents acteurs impliqués dans les processus de paix à tenir compte des préoccupations des communautés directement touchées par la crise.
Des inquiétudes autour du recensement
La question du recensement annoncé par les autorités congolaises figure également parmi les préoccupations soulevées lors de cette rencontre.
Les acteurs de la société civile craignent notamment que les populations vivant dans les zones affectées par le conflit puissent être exclues du processus, en raison des difficultés d’accès à certaines régions ou des conditions sécuritaires qui y prévalent.
Ils souhaitent que cette question soit prise en compte dans le cadre d’un consensus national sur le processus électoral.
Pour ces organisations, la situation des populations vivant dans les zones touchées par la guerre devrait donc être intégrée aux réflexions sur les futures échéances électorales, afin que les contraintes liées au conflit ne constituent pas un facteur d’exclusion.
Un appel à une approche globale
À travers leurs différentes recommandations, les acteurs de la société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu défendent ainsi une approche globale de la crise congolaise, combinant dialogue politique, réformes institutionnelles, justice et prise en compte des réalités vécues par les populations.
Ils appellent les parties prenantes à privilégier un processus inclusif capable de prendre en compte les dimensions nationale, régionale et internationale de la crise.
Extrait Mick Mutiki, l’un d’eux et président du Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu
Par Omeur Mudekereza