Deux ans après le naufrage du bateau Merveille de Dieu Merdi, plus de 200 enfants ayant perdu leurs parents dans cette tragédie restent privés d’éducation et confrontés à des conditions de vie difficiles. La société civile de Minova, en territoire de Kalehe, appelle à une intervention urgente pour leur permettre de retrouver le chemin de l’école et bénéficier d’un accompagnement adapté.
Ce constat a été dressé à l’occasion de la commémoration, ce samedi 3 octobre 2026, du deuxième anniversaire de ce naufrage survenu le 3 octobre 2024, à quelques mètres du port de Kituku, près de la ville de Goma, au Nord-Kivu.
Des enfants privés d’école et de fournitures scolaires
Selon Sadiki Juges, acteur de la société civile de Minova, les conséquences du drame continuent de se faire sentir au sein des familles des victimes.
Plus de 200 enfants ayant perdu leurs parents seraient notamment confrontés à des difficultés d’accès à l’éducation, faute de moyens pour payer les frais scolaires.
À cette situation s’ajoutent le manque de fournitures scolaires, les difficultés d’accès à la nourriture ainsi que l’absence d’un accompagnement social jugé nécessaire à leur développement.
Pour certains de ces enfants, les difficultés économiques ont entraîné l’arrêt de la scolarité.
Certains enfants contraints aux travaux précoces
La société civile de Minova alerte également sur les conséquences de cette situation sur l’avenir des enfants concernés.
Selon Sadiki Juges, certains ne fréquentent plus l’école et sont contraints de se livrer à des travaux manuels précoces pour contribuer à leur prise en charge.
Une situation qui, selon lui, expose davantage ces enfants à la vulnérabilité alors que leur âge devrait être consacré à l’apprentissage et à la construction de leur avenir.
Au-delà de l’accès à l’école, la société civile insiste donc sur la nécessité d’un accompagnement global prenant en compte les besoins sociaux et matériels de ces enfants.
Un appel aux autorités et aux organisations humanitaires
Face à cette situation, Sadiki Juges appelle les organisations humanitaires, les autorités compétentes et les personnes de bonne volonté à intervenir en faveur des enfants touchés par le drame.
Il plaide notamment pour la mise en place d’un accompagnement scolaire permettant aux enfants concernés de reprendre leur scolarité.
Il recommande également la création d’un mécanisme durable de soutien, afin que l’aide apportée à ces enfants ne se limite pas à des interventions ponctuelles.
L’objectif est de réduire leur vulnérabilité, de favoriser leur maintien à l’école et de leur permettre d’envisager leur avenir dans de meilleures conditions malgré la perte de leurs parents.
Deux ans après, les conséquences du drame persistent
La commémoration du deuxième anniversaire du naufrage remet ainsi en lumière les conséquences sociales de cette tragédie sur les familles des victimes, particulièrement sur les enfants devenus orphelins.
Le 3 octobre 2024, le bateau Merveille de Dieu Merdi avait sombré alors qu’il se trouvait à quelques mètres du port de Kituku.
Selon la société civile de Minova, plus de 600 personnes avaient perdu la vie dans ce drame, laissant derrière elles de nombreux enfants orphelins.
Deux ans après, les besoins de ces enfants restent importants, notamment en matière d’éducation, de protection sociale et de prise en charge des besoins essentiels.
Pour la société civile, leur accompagnement constitue désormais l’un des enjeux majeurs de l’après-naufrage.
Par Myriam Mufano