La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, pourrait clarifier les responsabilités des acteurs dans la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Mais cette évolution soulève également des interrogations sur la démocratie et la légitimité politique dans le pays.
C’est l’analyse de Henri Pacifique Mayala, chercheur à EBUTELI, un institut congolais de recherche sur les conflits et la gouvernance.
L’analyste considère cette nouvelle configuration comme un recul démocratique. Selon lui, elle pourrait raviver les interrogations sur les circonstances qui ont entouré les élections de 2018 et sur leur lien avec la crise de légitimité politique et sécuritaire que traverse actuellement la RDC.
Henri Pacifique Mayala estime également que la création du FRN pourrait permettre à Joseph Kabila de retrouver une place dans les discussions sur l’avenir du pays, notamment autour des accords de Washington. À ses yeux, il sera désormais difficile d’envisager des avancées sur ces questions sans tenir compte de cet acteur.
Malgré ses réserves, le chercheur considère que cette clarification des acteurs pourrait aussi ouvrir une possibilité pour la recherche d’une solution à la crise. Il espère que les acteurs impliqués dans celle-ci contribueront à sa résolution plutôt qu’à l’aggravation de la situation.
Par Omeur Mudekereza