La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, pourrait ralentir les négociations de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, sans nécessairement entraîner leur arrêt définitif. C’est l’analyse de Pacifique Bakanga, enseignant en relations internationales à l’Université officielle de Bukavu (UOB).
Au lendemain de la création de cette plateforme, l’enseignant estime que des échanges supplémentaires sont nécessaires pour clarifier le statut du FRN par rapport aux initiatives de paix en cours. Il souligne notamment la nécessité de déterminer la place que cette nouvelle structure pourrait occuper dans les négociations et la manière dont les différentes parties la reconnaîtront.
Selon Pacifique Bakanga, les acteurs internationaux pourraient considérer le FRN comme une nouvelle structure politique, tout en y voyant une continuité organisationnelle de l’AFC/M23, en raison du maintien de certains acteurs à la tête du mouvement.
Toutefois, précise-t-il, le changement de nom ou la dissolution d’une entité ne suffit pas, à lui seul, à effacer ses responsabilités antérieures ni à établir automatiquement le transfert de l’ensemble de ses droits et obligations à une nouvelle structure.
Il revient ainsi aux États, aux médiateurs et aux Nations unies d’évaluer le degré de continuité opérationnelle entre les deux structures et de déterminer les engagements antérieurs qui pourraient être maintenus.
Pour cet enseignant en relations internationales, l’enjeu est également de consolider les acquis des processus de paix déjà engagés, afin que l’apparition du FRN ne compromette pas les efforts entrepris pour mettre fin à la crise congolaise. Il est joint au téléphone
Par Expedit Kyalu