Des femmes et jeunes filles éprouvent d’énormes difficultés pour assurer leur hygiène menstruelle, plus particulièrement dans les sites d’accueil des déplacés au Sud-Kivu.
Pendant leurs menstruations, beaucoup utilisent des morceaux de tissus usés, des pagnes déchirés et n’ont accès ni à l’eau potable ni à des toilettes propres, ce qui les expose à de nombreuses infections.
C’est ce que rapporte Simon Weteshi, coordinateur du Club des filles reporters, une structure qui intervient dans le domaine de la santé de la reproduction.
Il l’a dit en marge de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle célébrée le 28 mai de chaque année.
À l’en croire, dans des camps de déplacés à Bunyakiri, en territoire de Kalehe, d’où est né le Club des filles reporters, tout comme dans d’autres lieux au Sud-Kivu où sont repérées des personnes en déplacement, la situation de la femme est alarmante.
Selon Simon Weteshi, faute de toilettes et d’espaces propres pour se changer, beaucoup de femmes, surtout les adolescentes, s’exposent à la honte et à l’isolement.
En plus de son plaidoyer pour un retour définitif de la paix afin de changer la situation de ces femmes en détresse, Simon Weteshi plaide pour l’intégration du volet hygiène menstruelle dans l’assistance humanitaire.
Il plaide pour le respect de la dignité des filles, l’accès gratuit ou à moindre coût aux produits d’hygiène, le maintien des filles à l’école pendant leurs menstruations et la construction d’installations sanitaires appropriées pour les filles dans les édifices publics comme les écoles.
Il appelle les familles, les écoles, les églises, les leaders communautaires et les autorités à déconstruire les mythes et à briser les tabous autour des menstrues en sensibilisant autour d’une bonne hygiène, surtout pour les adolescentes.
<< Faire de la menstruation un élément normal de la vie d’ici 2030 >> est le thème global retenu cette année à l’occasion de cette journée.
Par Expedit Kyalu