La province du Sud-Kivu a enregistré plus d’un million quarante mille déplacés internes au mois d’avril 2026.
Cette situation est principalement liée à la recrudescence des affrontements entre les FARDC, appuyées par les Wazalendo, et l’AFC/M23.
C’est ce que l’on peut lire dans un rapport mensuel publié par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) sur la situation humanitaire en province.
Dans ce rapport, il est indiqué que cette crise continue d’aggraver la vulnérabilité des populations déplacées et retournées, tout en limitant leur accès aux moyens de subsistance et aux services de base.
Les territoires les plus touchés au mois d’avril sont Kalehe, Kabare, Mwenga, Fizi et Uvira.
Le rapport souligne également que le territoire de Kalehe reste marqué par une détérioration de la situation sécuritaire dans les Hauts-Plateaux de Ziralo, Mubuku, Buzi, Mbinga Nord et Sud, où les affrontements armés récurrents continuent d’entraîner d’importants déplacements de populations et d’aggraver les besoins humanitaires.
Entre le 8 et le 23 avril, plus de 77 500 personnes ont été déplacées dans cette zone, accentuant la pression sur les communautés d’accueil et les services de base dans les zones de santé de Bunyakiri, Minova, Kalehe et Kalonge, dans le territoire de Kalehe.
Dans les Moyens et Hauts-Plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga, les affrontements armés ont fortement restreint l’accès humanitaire, limitant la fourniture d’une assistance vitale aux personnes déplacées, retournées et aux communautés hôtes, lit-on dans ce document.
En territoire de Mwenga, des attaques armées ont persisté dans les Hauts-Plateaux d’Itombwe, causant des pertes en vies humaines, des destructions d’infrastructures et des perturbations des moyens de subsistance.
Par ailleurs, des incursions et embuscades menées par des hommes armés non identifiés dans le triangle Walungu-Mwenga-Kabare ont été accompagnées de cas d’extorsion, de meurtres, de détentions arbitraires et de violences sexuelles.
OCHA note que dans ce contexte, plus de 90 000 personnes déplacées et retournées voient leurs conditions de vie se détériorer davantage, avec des besoins croissants en vivres, abris, santé, protection et services en eau, hygiène et assainissement.
Pendant ce temps, les personnes déplacées vivent dans des conditions précaires marquées par le manque d’abris, l’exposition au froid et aux fortes pluies, ainsi que des risques accrus de maladies hydriques et infectieuses.
Des préoccupations de protection persistent également selon OCHA, notamment avec la présence signalée de 18 enfants associés à un groupe armé dans le territoire d’Uvira.
Par Hélène Bujiriri