Les quatre arrêtés récemment pris par le gouverneur du Sud-Kivu sous l’AFC/M23 sur la protection civile, la prévention des incendies et les sites impropres à la construction suscitent des réactions dans la province. Si certains saluent la nécessité de renforcer les mesures de prévention, d’autres appellent à davantage de concertation et d’accompagnement des populations concernées.
Parmi les voix qui se sont exprimées, Daniel Murula, acteur sociopolitique et enseignant à Bukavu, estime que les autorités devraient d’abord identifier les personnes concernées, évaluer leur situation et prévoir des mesures d’accompagnement avant la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions.
« Comprendre pourquoi les anciennes mesures n’ont pas marché »
Dans une interview accordée à Radio Maendeleo, Daniel Murula s’interroge sur l’efficacité des mesures similaires prises par les précédentes administrations.
« Il faut d’abord comprendre pourquoi les mesures qui existaient déjà n’ont pas été effectivement appliquées sur le terrain, avant de multiplier de nouveaux textes », estime-t-il.
Pour lui, l’autorité provinciale devrait donc privilégier l’évaluation et l’application effective des mesures existantes plutôt que de se limiter à l’adoption de nouveaux textes.
Recenser les ménages concernés
S’agissant des sites déclarés impropres à la construction, Daniel Murula recommande notamment de recenser et de quantifier les ménages concernés.
Il souligne que certains occupants disposent de documents délivrés par les services de l’État et estime que leurs droits doivent être pris en compte.
« Ceux qui disposent de titres devraient être indemnisés et relocalisés sur des sites appropriés », propose-t-il.
Il appelle également l’État à prévoir des conditions de logement pour les familles qui seraient amenées à quitter les zones concernées.
Vulgariser les arrêtés et maintenir le dialogue
Daniel Murula insiste par ailleurs sur la nécessité de vulgariser largement les nouveaux textes auprès de la population, notamment à travers les médias.
Il plaide enfin pour la mise en place d’un cadre permanent de dialogue entre les autorités et les communautés concernées, afin d’expliquer les mesures, recueillir les préoccupations des habitants et prévenir les incompréhensions et les tensions.
Par Omeur Mudekereza