Les cas de traumatismes psychologiques connaissent une recrudescence dans plusieurs localités du Sud-Kivu.
D’après des experts en santé mentale, cette situation serait principalement liée à l’accumulation d’un stress chronique au sein d’une population exposée à des facteurs socio-économiques et sécuritaires difficiles.
Selon les mêmes sources, ces traumatismes se manifestent à travers des comportements préoccupants, parmi lesquels l’abandon volontaire d’enfants ou une consommation excessive de substances psychoactives.
Dans le village de Cirato Kamakombe, situé dans le groupement Bugorhe en territoire de Kabare, une femme a récemment abandonné son nourrisson, laissant une lettre dans ses vêtements avant de disparaître. Un fait qui illustre, selon les spécialistes, l’ampleur du phénomène.
Interrogé à ce sujet, Ruphin Lukobeka, psychologue clinicien à l’Hôpital général Dr Rau de Ciriri, estime que plusieurs facteurs se combinent.
Il cite notamment la précarité économique grandissante, la peur liée aux conflits armés, l’incertitude face à la perte d’emplois et de revenus, ainsi que l’isolement social.
Pour lui, « le renforcement de la résilience individuelle et collective reste une réponse privilégiée ».
Cela passe, dit-il, par le soutien moral entre proches, une communication renforcée au sein des familles et des initiatives communautaires visant à redonner de l’espoir.
Le psychologue recommande également aux organisations de la société civile, aux structures sanitaires et aux institutions spécialisées de multiplier les séances de détraumatisation communautaire appuyées par un accompagnement psychosocial de proximité, afin d’aider les personnes affectées à retrouver un équilibre mental et émotionnel.
Par Myriam Mufano