Les initiatives en cours pour ramener la paix dans la partie Est de la République démocratique du Congo affichent un niveau de performance en dessous de la moyenne, au regard des résultats observés sur le terrain au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
C’est le constat dressé par la rédaction de Radio Maendeleo à partir de l’évolution de la dynamique du conflit opposant l’AFC/M23 au gouvernement congolais.
L’analyse met en évidence une violation manifeste du dernier cessez-le-feu décrété le 18 février, sous la médiation angolaise, avec l’appui de l’Union africaine. Alors que cette trêve visait à désamorcer la violence et à ouvrir la voie aux négociations de paix, elle a été rompue dès le lendemain de son entrée en vigueur.
Sur le terrain, les lignes de front demeurent particulièrement instables au Sud-Kivu et au Nord-Kivu, avec une intensification des opérations, notamment à travers l’usage de technologies aériennes. Au sol, les unités d’infanterie restent actives, avec des accrochages régulièrement signalés.
Le cas le plus récent remonte au mardi 17 mars, où des affrontements ont été rapportés dans la plaine de la Ruzizi, ainsi que dans les moyens et hauts plateaux d’Uvira, entraînant de nouveaux déplacements de populations.
Parallèlement, le processus de paix conduit par le Qatar semble marquer le pas, aucun signal n’émanant de Doha. Selon nos sources, la dernière rencontre entre les parties, à savoir le gouvernement congolais et l’AFC/M23, remonte au 2 février dernier dans la capitale qatarie.
À cette occasion, un document avait été signé, confiant à la MONUSCO et à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) le mandat de surveiller le cessez-le-feu. Une mission préliminaire avait été déployée à Goma et à Uvira pour des consultations avec les autorités et différentes couches de la population, en prélude à un éventuel déploiement.
Cependant, en attendant cette étape, les combats se poursuivent, alimentant une méfiance croissante entre les belligérants. Les échanges accusatoires se multiplient, accompagnés de discours de plus en plus virulents et de communiqués hostiles.
Par ailleurs, la situation sécuritaire dans le Golfe, marquée par des tensions impliquant l’Iran, semble également peser sur la dynamique du processus de Doha, en freinant son élan.
Sur un autre front diplomatique, une réunion s’est tenue à Washington les 17 et 18 mars, sous médiation américaine, après une période d’accalmie. Dans une déclaration conjointe, la RDC et le Rwanda ont convenu de mesures visant à accélérer la mise en œuvre de l’accord de Washington.
Ces engagements portent notamment sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le désengagement progressif des forces rwandaises, ainsi que la levée de certaines mesures défensives du Rwanda en territoire congolais.
Les deux parties ont également réaffirmé la nécessité d’intensifier les efforts pour la neutralisation des FDLR et la protection des civils.
Toutefois, plusieurs analystes rappellent que ces engagements avaient déjà été évoqués lors de la signature de l’accord en juin 2025, puis lors de son entérinement en décembre de la même année, sans qu’une mise en œuvre effective ne soit observée à ce jour.
Ils plaident ainsi pour des actions concrètes sur le terrain, notamment la désescalade des tensions, la reprise des activités socio-économiques dans les zones affectées, l’organisation d’un dialogue national inclusif, ainsi que la réouverture des banques et des aéroports.
Par Expedit Kyalu