L’organisation Justicia a.s.b.l alerte sur la tentative de politisation des universités, instituts supérieurs et centres de recherche scientifique en RDC autour du sujet du changement de la constitution.
Cette organisation de protection des droits humains fonde ses inquiétudes sur la circulaire de la ministre de l’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations adressée à tous les chefs d’institutions supérieures de la RDC.
Dans cette dernière, elle convoque un colloque national scientifique sur l’évaluation de la constitution du 18 février 2006, dont l’objectif principal est de conduire une analyse scientifique approfondie de ladite loi en vue de formuler des recommandations.
Justicia a.s.b.l craint que cette initiative ne consacre simplement une instrumentalisation des universités, instituts supérieurs et centres de recherche à des fins partisanes politiciennes au lieu de les laisser orienter leur réflexion pour le savoir scientifique et l’intérêt général.
Cette organisation rappelle que conformément à la loi cadre du 11 février 2014 sur l’enseignement supérieur, la recherche dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire vise le développement de la science en vue de la transformation de la société.
La recherche est le moteur de développement et elle est libre, renchérit cette loi.
Justicia asbl exhorte ainsi le gouvernement à mobiliser plus de ressources en faveur des universitaires pour la recherche des solutions entre autres à l’insécurité au pays, l’exploitation illégale des ressources et l’accès à la justice.
Tout en reconnaissant le droit au gouvernement d’associer les partenaires de l’éducation sur les questions majeures de la vie nationale, Justicia asbl estime qu’il est préférable que la recherche scientifique libre soit au service des droits humains et de la paix au lieu de creuser davantage le fossé de la division et des factions sociales.
Pour rappel, ce colloque scientifique se tient du 10 au 12 juin concomitamment à Kisangani, à Lubumbashi et à Kinshasa.
Des universitaires et chercheurs de toute la RDC y compris du Sud Kivu y prennent part pour contribuer à une réflexion scientifique sur les acquis, les limites et les perspectives d’évolution de la constitution en vigueur depuis près de vingt ans.