Le sit-in organisé vendredi 12 juin par la coalition de l’opposition C64 devant le Palais du Peuple, à Kinshasa, a dégénéré en affrontements entre militants de l’opposition et éléments de la Police nationale congolaise.
Malgré l’interdiction de cette manifestation par l’Hôtel de Ville de Kinshasa, qui avait invoqué le caractère inviolable du Palais du Peuple et proposé un autre site pour sa tenue, les leaders de l’opposition ont maintenu leur appel à la mobilisation. Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif policier a été déployé autour du siège du Parlement afin d’empêcher tout rassemblement sur les lieux.
Selon plusieurs témoignages, des heurts ont éclaté lorsque des manifestants ont tenté de franchir le cordon sécuritaire érigé sur les principales voies d’accès au Palais du Peuple. Plusieurs personnes ont été blessées et certaines interpellées au cours de ces incidents. Des responsables de l’opposition affirment que Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga ainsi que d’autres cadres de la coalition figurent parmi les personnes blessées.
Augustin Bisimwa, secrétaire général du Mouvement des Démocrates pour le Changement et la Victoire (MDVC) et cofondateur de la Coalition de la Gauche Congolaise, indique que les recherches se poursuivent afin d’établir le bilan exact des blessés et des dégâts matériels. Il estime que, malgré ce qu’il qualifie de répression, l’opposition congolaise poursuivra son combat politique.
Selon un bilan provisoire communiqué par les organisateurs, plusieurs manifestants ont été blessés et de nombreuses personnes interpellées. Certains responsables de la coalition évoquent également des morts et des dégâts matériels, sans toutefois avancer de chiffres définitifs. Ces informations n’ont pas encore été confirmées par les autorités compétentes.
De son côté, le gouvernement soutient que les mesures sécuritaires prises visaient à faire respecter la décision d’interdiction de la manifestation et à préserver l’ordre public autour d’une institution jugée sensible. Les autorités rappellent que l’activité avait été délocalisée vers un autre site afin d’éviter tout risque de trouble à l’ordre public.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes entre la majorité au pouvoir et l’opposition, notamment autour des questions liées à la gouvernance, aux réformes institutionnelles et à la situation sécuritaire du pays.
Par Expedit Kyalu