Les cas de violences sexuelles continuent d’être rapportés dans plusieurs zones de la province du Sud-Kivu. Bien que faiblement documentés en raison d’un contexte sécuritaire de plus en plus fragile, des témoignages concordants font état d’une situation particulièrement préoccupante que vivent les femmes en cette période de conflits armés.
À en croire plusieurs messages d’alerte parvenus à la Rédaction de Radio Maendeleo, la situation est de plus en plus grave dans les zones où les combats sont récurrents, notamment dans les hauts plateaux de Kalehe et les villages situés autour du Parc national de Kahuzi-Biega.
Dans le territoire de Kabare, le village de Kajeje, dans le groupement de Mudaka, Cibinda et Kafurumaye, dans le groupement de Miti, ainsi que Nyamakana, Kamakombe et Mulangala, dans le groupement de Bugorhe, figurent parmi les localités les plus touchées par ce phénomène.
Il en est de même des villages de Kabushwa et Kahungu, dans le groupement d’Irhambi-Katana, où plusieurs cas de filles et de femmes emmenées de force, parfois sous les yeux de leurs parents ou de leurs conjoints, sont rapportés.
Dans le territoire de Kalehe, les hauts plateaux constituent également la zone la plus affectée, tout comme d’autres localités où l’activisme des groupes armés demeure important.
Les présumés auteurs de ces violences sexuelles sont, pour la plupart, des hommes porteurs d’armes qui recourent à la force pour commettre leurs actes, allant parfois jusqu’à tirer à bout portant sur les personnes qui tentent de s’y opposer.
D’autres cas sont attribués à des hommes qui profitent de leur position ou de la vulnérabilité de leurs victimes, indiquent des défenseurs des droits humains joints dans les zones concernées.
Dans ces localités, les victimes éprouvent d’énormes difficultés à dénoncer les auteurs de ces violences, faute de protection suffisante contre leurs bourreaux. Elles rencontrent également des difficultés à accéder aux structures de santé, parfois par manque d’informations.
Pour plusieurs acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains, les femmes, déjà confrontées à des conditions de vie précaires, ne devraient pas subir en plus les conséquences psychologiques et physiques des violences sexuelles.
Réagissant à cette situation, la défenseure des droits des femmes Emily Cibembe plaide pour la cessation des hostilités et le retour de la paix dans l’Est de la RDC afin de mettre fin à ce fléau.
Elle appelle également au renforcement de la protection des femmes, même en période de conflit.
Pour rappel, le récent rapport du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a documenté 37 incidents de violences sexuelles ayant fait 52 victimes, dont 36 femmes et 16 filles, au cours du mois d’avril dernier.
Par Hélène Bujiriri