Comme pour les cas des incendies principalement durant la saison sèche, la ville de Bukavu enregistre des catastrophes naturelles qui provoquent des morts et d’importantes pertes matérielles durant la saison pluvieuse.
Chaque année lors des premières pluies et généralement entre Aout et Décembre, des familles entières perdent leurs proches et d’importants investissements suite à ces catastrophes.
Dans les trois communes de la ville de Bukavu, plusieurs espaces ont été déclarés impropres à la construction.
Dans la commune de Kadutu, l’arrêté cible le flanc des Cliniques Universitaires Muhanzi situé au quartier Nkafu, le site de l’Institut Technique Fundi Maendeleo ITFM en sigle au côté gauche de la route menant vers l’Institut Supérieur des Techniques Médicales ISTM et le site de l’ISDR sur le flanc droit de la route Place de l’Indépendance menant vers le Lycée Wima ainsi que le site dénommé Kabwa Kasire.
L’arrêté parle également du site Ikanga situé sur le flanc droit de la rivière Ruzizi en face Cyangugu au Rwanda ainsi que le flanc droit attenant à la rivière Ruzizi après Gyamba dans la commune d’Ibanda. Celle de Bagira n’est pas aussi épargnée notamment avec les constructions qui ne respectent pas les 10m de rive du Lac-Kivu.
En plus de l’interdiction d’y ériger des constructions ou y résider à quelque titre que ce soit, toutes les opérations de lotissement, de concession, de distribution, d’affectation des parcelles, de modification du relief du sol ou de déboisement y sont interdites.
7 ans après, l’arrêté semble ne rester qu’un assemblage des simples écrits. En effet, sur les sites précités, ce sont des maisons qui naissent tous les jours, les unes étant suspendues sur les autres ou encore sur des structures moins solides.
En 2023 par exemple, seule la commune de Kadutu avait enregistré 20 morts suite aux éboulements survenus notamment aux quartiers Nyakaliba, Nkafu et Nyamugo. Deux ans plus tard, ce sera le tour de Buholo 3 et Gyamba où trois familles ont disparu avec un total d’au moins 15 personnes ensevelis dans des décombres.
Ces nouvelles infrastructures érigées sur des sites classés comme dangereux suscitent une forte inquiétude au sein de la société. Des observateurs s’indignent de voir que cela soit encouragé par les autorités qui livreraient des autorisations de bâtir et autres titres fonciers sur ces terres.
D’autres s’inquiètent de voir que les habitants qui, malgré le fait d’avoir assisté aux catastrophes mortelles sur un site, n’hésitent pas d’y reconstruire. Face aux pluies qui s’annoncent, des observateurs appellent à la vigilance et à l’action de l’autorité.
Ceci passe par la surveillance permanente des murs de soutènement, le curage permanent des caniveaux et petits ruisseaux, s’interdire de jeter les déchets et bouteilles plastiques dans les collecteurs Kawa et la rivière Wesha mais aussi se rassurer de la capacité des maisons construites sur des pentes à résister aux coups induits par les eaux de ruissellement sur le sol.
Prenant l’exemple des pluies qui se sont abattues sur une bonne partie de la ville de Bukavu la nuit de lundi à mardi 25 août 2026 avec des tas de déchets charriés par les eaux de ruissellement, les mêmes observateurs invitent la mairie à repenser la politique de gestion des déchets pour prévenir le pire.
Par Etienne Mulindwa