La persistance des affrontements dans plusieurs zones du Sud-Kivu continue de provoquer des déplacements massifs de populations. Dans le village de Mabingu, groupement d’Irhambi-Katana, en territoire de Kabare, plus de 1 900 ménages déplacés en provenance des hauts plateaux de Kalehe sont déjà recensés.
Selon les acteurs locaux, les villages de Lemera, Kasheke et Tchofi, en territoire de Kalehe, accueillent également de nouveaux déplacés. Leur dénombrement devient de plus en plus difficile en raison de l’arrivée continue de nouvelles familles.
Adolphe Shukuru Buroko, mobilisateur communautaire et défenseur des droits humains dans cette partie du Sud-Kivu, indique que plusieurs déplacés ont perdu contact avec certains membres de leurs familles au moment de leur fuite. Ils disent également avoir abandonné tous leurs biens derrière eux.
Ces personnes déplacées plaident pour une assistance humanitaire, mais surtout pour la fin des hostilités afin de pouvoir retourner dans leurs milieux d’origine.
Des besoins humanitaires importants
Les défenseurs des droits humains alertent sur la situation particulièrement difficile de ces ménages, alors que plusieurs maladies sont actuellement signalées dans la zone.
À Mabingu, les familles déplacées manquent notamment de nourriture, d’eau potable, de vêtements, d’abris, de produits d’hygiène et de soins de santé.
Kasagwe Cimba John, représentant du Comité humanitaire de base à Mabingu, décrit des conditions de vie précaires pour ces populations déplacées et appelle à une intervention urgente.
La scolarisation des enfants constitue également une difficulté pour certaines familles. De plus, l’hébergement dans les familles d’accueil devient de plus en plus précaire en raison de la prolongation de la période de déplacement.
Face à cette situation, les acteurs locaux appellent à une réponse humanitaire urgente en faveur des populations déplacées, particulièrement celles vivant dans les familles d’accueil.
Par Myriam Mufano