Des espaces d’échange et de négociation devraient être ouverts entre l’AFC-M23 et le gouvernement de Kinshasa pour permettre aux établissements publics d’enseignement supérieur de Bukavu et de Goma de retrouver leur fonctionnement normal.
C’est ce qu’espère le professeur ordinaire Kaganda Philippe Doudou, enseignant à l’Université Officielle de Bukavu, dans un entretien accordé à Radio Maendeleo mercredi 26 août 2026, après la décision suspendant jusqu’à nouvel ordre les activités académiques dans plusieurs établissements publics des deux villes.
Également directeur scientifique du Centre de Recherche sur les Conflits et la Paix dans la région des Grands Lacs, CRECOPAX en sigle, rattaché à cette université, Kaganda Philippe Doudou estime que la vie de la nation et particulièrement l’enseignement doivent continuer, même en période de conflit.
Il estime que les mesures prises par les différentes autorités devraient tenir compte des intérêts de la population. Cette suspension pourrait occasionner plusieurs conséquences, notamment l’abandon des études par plusieurs jeunes faute de places suffisantes dans les établissements privés.
Le professeur Kaganda défend également la mission académique et l’apolitisme de l’université, qui doit, selon lui, continuer à contribuer à la société à travers l’enseignement, la recherche et le service à la communauté.
Il réagit par ailleurs à la suspension des rémunérations de 48 membres du personnel universitaire, estimant qu’une telle situation aurait pu, dans une certaine mesure, être évitée.
Le professeur ordinaire Kaganda Philippe Doudou appelle ainsi à privilégier le dialogue afin de préserver les intérêts des étudiants et le rôle de l’université dans la société.
Signalons que la suspension, jusqu’à nouvel ordre, des activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Bukavu et Goma est intervenue mardi 25 août 2026. La mesure concerne l’année académique 2026-2027 et intervient dans un contexte sécuritaire jugé particulièrement préoccupant dans les deux villes.
Par Omeur Mudekereza