À Bukavu, Hope and Peace DRC mise sur les étudiants pour mieux comprendre les conflits et identifier des solutions issues des communautés.
L’organisation a lancé mercredi 26 août 2026, à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), le Laboratoire communautaire de paix, une activité du projet « Jeunes engagés pour la paix, la cohésion et la résilience locale ».
Une nouvelle place pour les étudiants dans la recherche
Traditionnellement, la recherche universitaire repose principalement sur les professeurs, les assistants et les chercheurs. Avec le Laboratoire communautaire de paix, Hope and Peace DRC entend élargir cette dynamique en associant directement les étudiants à la recherche sur les conflits et la paix.
Claudine Byamungu, coordonnatrice de Hope and Peace DRC, explique que les étudiants seront formés et accompagnés pour mener des recherches directement dans les communautés.
« Nous allons prendre les étudiants comme des chercheurs », précise-t-elle.
Ces jeunes seront appelés à se rendre sur le terrain, notamment dans les communautés, les écoles et les universités, afin d’identifier les conflits existants, d’en comprendre les réalités et de recueillir les solutions proposées par les populations elles-mêmes.
Aller sur le terrain pour écouter les communautés
L’approche retenue par Hope and Peace DRC repose sur une idée centrale : les communautés concernées par les conflits disposent également de connaissances et de solutions qui méritent d’être documentées.
Les étudiants devront donc aller à la rencontre des populations pour recueillir des données sur les conflits, mais aussi sur les mécanismes locaux permettant de les prévenir ou de les résoudre.
« Lorsqu’ils vont identifier le conflit qui existe, ils vont aussi chercher des solutions communautaires, des solutions qui viennent de la base », explique Claudine Byamungu.
Cette démarche doit permettre de mieux comprendre les réalités locales et de mettre en évidence des solutions susceptibles d’être adaptées ou expérimentées dans de futures interventions.
Quatre thématiques au cœur des recherches
Les recherches porteront principalement sur quatre thématiques : la gestion des conflits, la lutte contre les discours de haine, la consolidation de la paix et la promotion du vivre-ensemble.
Les données collectées sur le terrain seront ensuite rapportées et analysées au sein des laboratoires communautaires, avec l’accompagnement des professeurs et des experts des institutions partenaires.
L’objectif est notamment de transformer les résultats des recherches en propositions concrètes pouvant contribuer aux prochaines actions de paix.
« Nous voulons avoir des données fiables, des propositions fiables dans la gestion du conflit, la consolidation de la paix, la lutte contre le discours de haine et des solutions venant de la base », souligne la coordonnatrice de Hope and Peace DRC.
Quatre établissements universitaires associés
Le laboratoire est développé avec quatre institutions d’enseignement supérieur et universitaire du Sud-Kivu : l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’Université Catholique de Bukavu (UCB), l’Université Évangélique en Afrique (UEA) et l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP Bukavu).
Ces établissements doivent contribuer à la sélection et à l’encadrement des étudiants appelés à participer aux recherches.
Des experts issus de ces institutions accompagneront également les travaux.
Claudine Byamungu cite notamment l’accompagnement de plusieurs professeurs impliqués dans cette initiative avec bien-sûr l’appui du Centre de Recherche et Études sur les Conflits et la Paix dans la Région des Grands Lacs (CRECOPAX-GL) du domaine des sciences de l’homme et de la société de l’université Officielle de Bukavu.
Pour Hope and Peace DRC, cette collaboration doit permettre de rapprocher les connaissances universitaires des réalités vécues dans les communautés.
Un projet pilote appelé à s’élargir
Le Laboratoire communautaire de paix est présenté comme une initiative pilote. Hope and Peace DRC envisage de capitaliser les résultats obtenus afin d’envisager, dans de prochaines interventions, une collaboration avec d’autres établissements universitaires.
L’organisation veut ainsi tirer des enseignements des recherches menées par les étudiants et identifier les approches qui pourraient être reproduites ou adaptées dans d’autres contextes.
Les résultats ne devraient donc pas rester limités à la production de travaux académiques. Ils sont également destinés à alimenter la conception de futurs projets de paix et de cohésion sociale.
Des étudiants prêts à s’engager sur le terrain
Parmi les participants au lancement figure Prince Iragi, étudiant en médecine à l’UOB. Il se dit prêt à mettre ses nouvelles compétences au service de la recherche sur les conflits dans la ville de Bukavu.
« Je suis engagé à mener des recherches dans la ville de Bukavu, notamment pour apporter une résolution aux conflits, mais aussi apporter la paix dans les différentes thématiques que nous allons mener », affirme-t-il.»
Il indique avoir reçu plusieurs sites de recherche, notamment Kadutu, Ibanda et Bagira, où il compte aller à la rencontre des populations et recueillir des informations sur les conflits et les pistes de solutions.
Pour lui, cette expérience constitue une occasion de participer directement à la recherche de réponses aux problèmes qui affectent les communautés.
Des données pour orienter les prochaines actions
À travers cette initiative, Hope and Peace DRC attend principalement des données fiables, des propositions concrètes et des solutions issues des communautés.
Ces résultats doivent servir à identifier les approches et les méthodologies susceptibles d’être adaptées dans les prochains projets.
L’organisation prévoit notamment d’examiner les solutions recueillies dans les communautés et, lorsque cela est pertinent, de les tester afin d’en apprécier l’efficacité.
L’ambition est également de renforcer la participation des jeunes aux efforts de consolidation de la paix. Pour Claudine Byamungu, les étudiants représentent une catégorie importante dans cette démarche, puisqu’ils constituent les futurs cadres et décideurs de la société.
«Les étudiants sont les dirigeants de demain. Nous les prenons d’abord comme des chercheurs pour trouver des solutions aux conflits », rappelle-t-elle.»
La recherche au service du vivre-ensemble
Financé par la Coopération suisse et exécuté par Hope and Peace DRC, le projet « Jeunes engagés pour la paix, la cohésion et la résilience locale » entend ainsi créer des passerelles entre recherche universitaire et réalités communautaires.
À travers le Laboratoire communautaire de paix, étudiants, enseignants, chercheurs et communautés sont appelés à travailler autour d’un même objectif : mieux comprendre les conflits, valoriser les solutions locales, lutter contre les discours de haine et contribuer à un vivre-ensemble durable au Sud-Kivu.
Par Omeur Mudekereza