Le principal problème de la RDC ne réside pas dans les textes légaux, mais dans l’absence de dirigeants capables de gouverner efficacement en garantissant la paix, la justice, le travail et la dignité pour tous.
C’est ce qu’estime le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, dans le cadre du débat sur le changement de la Constitution de la RDC initié par le pouvoir en place.
Il l’a déclaré à travers un document rendu public, dont copie est parvenue à Radio Maendeleo lundi 18 mai 2026.
Selon ce document, l’ouverture d’un débat visant à permettre un éventuel troisième mandat met en danger les principes fondamentaux de la démocratie et de l’alternance politique.
Pour Denis Mukwege, alors que le pays traverse une crise multiforme marquée par la guerre à l’Est de la RDC, la nation semble dépendre d’un homme et d’un regroupement politique cherchant à conserver le pouvoir à travers un système fondé sur le culte de la personnalité.
Le Prix Nobel critique sévèrement le bilan de la gouvernance actuelle sur les plans sécuritaire, économique et social. Il rappelle que la souveraineté nationale appartient au peuple et qu’aucun individu ni groupe ne peut se l’approprier.
Dans ce même document, Denis Mukwege dénonce également les spéculations autour d’un possible report des élections prévues en 2028, qu’il qualifie de glissement du calendrier électoral sous prétexte de l’insécurité dans le Nord et le Sud-Kivu.
Il souligne que si ces raisons sécuritaires empêchent des millions de citoyens de participer aux élections, elles devraient également empêcher l’organisation d’un référendum visant à modifier la Constitution.
Il relève aussi une contradiction chez certains acteurs politiques qui s’étaient autrefois opposés à une révision constitutionnelle, mais qui militeraient aujourd’hui pour modifier une Constitution pourtant verrouillée sur certains points essentiels.
Par Myriam Mufano