La situation sécuritaire demeure instable dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu. Des tirs nourris ont été entendus toute la nuit de samedi à dimanche 1er novembre 2026 vers Mino, une localité située entre Luvungi et Katogota, dans le territoire d’Uvira.
Tôt le dimanche matin, le village de Katogota a commencé à se vider de ses habitants, alors que la situation sécuritaire y reste préoccupante depuis la fin de la semaine dernière.
Des mouvements de troupes qui accentuent la panique
Des sources contactées sur place par Radio Maendeleo rapportent un renforcement des positions des différentes parties au conflit.
Du côté de la coalition gouvernementale, des troupes continueraient d’arriver et se concentreraient sur les collines surplombant Lubarika et Katogota. Les positions du Front pour la refondation de la nation (FRN) seraient également renforcées.
Ces mouvements permanents de troupes accentuent la peur au sein de la population, indiquent les mêmes sources.
Les tirs entendus vers 22 heures samedi à Mino, entre Luvungi et Katogota, auraient poussé plusieurs habitants à quitter leurs villages. Certains prennent la direction de Kamanyola, tandis que d’autres se dirigent vers Luvungi, par crainte de revivre le scénario de décembre 2025, qui avait conduit à la chute d’Uvira.
Plusieurs familles arrivées à Kamanyola sont hébergées dans des familles d’accueil, dans l’attente d’une amélioration de la situation, rapportent des témoins dans la zone.
Des inquiétudes face à une nouvelle détérioration de la situation
Des défenseurs des droits humains regrettent cette nouvelle dégradation de la situation, alors que la région commençait à retrouver une certaine stabilité après plus d’une année de déplacements et d’exil pour une grande partie de ses habitants.
Des évolutions militaires également signalées autour de Minembwe
Dans le territoire de Fizi, plus précisément dans les environs de Minembwe, les Forces armées de la RDC auraient repris le contrôle de certains villages et consolidé leurs positions autour de Masango, une localité stratégique située entre les territoires d’Uvira et de Fizi, dans les moyens plateaux.
La situation humanitaire continue de se détériorer à Fizi
Parallèlement à ces évolutions sécuritaires, la situation humanitaire continue de se dégrader, particulièrement dans le territoire de Fizi. Les principaux axes d’accès restent fermés, notamment en raison de barrières payantes entretenues par des combattants, dont certains se réclament des Wazalendo.
Face à cette situation, des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains appellent les parties au conflit ainsi que la communauté internationale à œuvrer pour la mise en œuvre effective des engagements pris dans les différents accords signés.
Ils demandent que les ambitions militaires cèdent la place aux efforts en faveur de la paix, afin de mettre fin aux souffrances des populations civiles.
Par Etienne Mulindwa