Dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, le contexte de guerre et de division alimente la méfiance entre les populations. À Bukavu comme dans certains territoires du Sud-Kivu, des personnes continuent d’être accusées de soutenir tel ou tel autre camp, parfois sur la base d’un simple désaccord ou d’un conflit personnel. Une situation qui fragilise davantage le vivre-ensemble et peut exposer des citoyens à différentes formes de violence. Ceci a été rapporté à la rédaction de Radio Maendeleo par des personnes ayant fait face à des situations d’accusation qui se sont soldées par des arrestations ou des enlèvements.
Des accusations qui peuvent conduire à des violences
Dans presque toutes les parties du Sud-Kivu, les populations vivent dans un contexte marqué par l’insécurité. À cela s’ajoutent des accusations qui, dans certains cas, opposent les citoyens entre eux et empiètent sur le vivre-ensemble.
Une personne en désaccord avec une autre est présentée comme appartenant à tel ou tel autre camp, sans que les faits soient nécessairement établis, indiquent des sources qui ont saisi notre rédaction.
Ces accusations sont souvent suivies de menaces, d’arrestations, d’enlèvements ou d’autres actes de violence, ajoutent ces sources.
Pourtant, une divergence d’opinion, un conflit personnel ou un différend communautaire ne devrait pas automatiquement être considéré comme une preuve d’appartenance à un camp politique ou militaire.
La peur et la stigmatisation s’installent
Cette situation risque ainsi de renforcer la peur, la stigmatisation et la division au sein des communautés. Elle peut également transformer des relations entre voisins, amis ou membres d’une même communauté en rapports de méfiance et de suspicion, estiment des acteurs sociaux.
Face à cette réalité, la vérification des faits s’avère impérative. Les autorités sont appelées à examiner avec rigueur les accusations portées contre les citoyens, afin d’éviter que des rumeurs, des dénonciations non vérifiées ou des règlements de comptes ne conduisent à des traitements inappropriés.
La responsabilité revient aussi à la population. Chacun est appelé à éviter de diffuser des informations non vérifiées, de désigner publiquement et sans preuve évidente une personne comme appartenant à un camp ou d’inciter à son rejet.
Préserver les liens entre les communautés
Dans une région déjà meurtrie par la guerre, la division entre citoyens peut davantage fragiliser le tissu social, estiment certains observateurs.
C’est dans ce contexte que le Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix appelle à préserver les liens entre les communautés.
Son co-modérateur, Hippocrate Marume, met en avant l’amour, l’estime, le respect mutuel et le dialogue comme des valeurs essentielles au vivre-ensemble.
Pour cette organisation, les divergences ne doivent pas faire oublier aux communautés du Sud-Kivu qu’elles sont issues d’une même nation et doivent pouvoir vivre ensemble malgré leurs différences d’opinions, d’origines et de sensibilités.
Par Omeur Mudekereza