Un calme précaire est observé depuis la matinée du mardi 27 octobre 2026 sur les lignes de front dans les moyens plateaux d’Uvira et dans les villages de la chefferie de Kaziba voisins de la chefferie des Bafuliiru.
Alors que des tirs étaient encore entendus lundi dans l’axe Munanira et dans le groupement de Kigoma, au-delà de Lemera, en territoire d’Uvira, des sources concordantes rapportent une accalmie depuis mardi matin.
Dans la plaine de la Ruzizi, de Kamanyola à Uvira, en passant par Katogota, Luvungi, Mutarule, Sange et Kiliba, les véhicules de transport en commun et les motocyclistes ont circulé comme à l’accoutumée, malgré la peur qui persiste chez certains habitants.
Par ailleurs, des rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux ont fait état d’une avancée des troupes du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) vers le village de Kawizi, situé à environ 10 kilomètres de la ville d’Uvira. Toutefois, des sources présentées comme fiables démentent ces informations.
Dans la ville d’Uvira et ses environs, notamment à Kiliba, Kabunambo, Sange et Luvungi, les activités se sont déroulées normalement, selon un activiste des droits humains contacté dans la zone.
Dans la chefferie de Kaziba, une accalmie est également signalée. Les troupes du FRN auraient concentré leurs positions sur la colline de Mitimbili, située entre le groupement de Muhumba et celui de Kabembe, vers Bwegemera. De leur côté, les combattants Wazalendo seraient positionnés sur les collines de Nshoko, dans le groupement de Kahungwe.
Sur le plan scolaire, presque toutes les écoles situées dans la vallée de Kaziba ont rouvert leurs portes depuis lundi. En revanche, celles proches des positions des deux forces tardent à reprendre les cours. C’est notamment le cas dans les villages de Chiburi, Namubula, Kafindjo, Ntagereka, Muhumba, Chitumbye et Chimpwi, indique un enseignant contacté.
Le marché de Kabiri, situé au centre de Lwanguku et habituellement très fréquenté le mardi, a enregistré un nombre important d’acheteurs et de vendeurs. Une fréquentation en hausse par rapport aux trois dernières semaines, selon notre correspondant sur place.
Cependant, les habitants des villages situés à l’est de la chefferie de Kaziba, notamment à proximité des collines occupées par les combattants armés, n’ont pas pu se rendre au marché, par crainte d’être pris entre les deux forces.
La situation pousse également plusieurs éleveurs à descendre vers la vallée. Ils redoutent de nouveaux affrontements et affirment que leurs bêtes sont régulièrement volées par des combattants armés.
Ce déplacement soulève toutefois la question de l’accès aux pâturages et fait craindre d’éventuels conflits entre éleveurs et agriculteurs. Selon un opérateur économique joint dans la zone, certains éleveurs auraient profité de cette journée de marché à Kaziba pour vendre leurs bêtes, parfois à des prix très bas.
Par Étienne Mulindwa