Après les frappes de drones qui ont visé la ville de Goma dans la matinée du mercredi 11 mars 2026, faisant des morts et d’importants dégâts matériels, les réactions se multiplient sur la scène internationale.
Selon un bilan provisoire communiqué par l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), trois personnes ont été tuées dans ces frappes en plein cœur de cette première ville de la province du Nord-Kivu.
La bombe aurait touché une résidence située au quartier Himbi, près du lac Kivu. Parmi les victimes figure une ressortissante française, employée d’une organisation internationale.
Ces incidents interviennent dans un contexte de fortes préoccupations internationales autour du respect des cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration conjointe publiée le 5 mars dernier, plusieurs pays occidentaux ainsi que l’Union européenne avaient déjà exprimé leur inquiétude face aux violations répétées de la trêve, notamment l’usage de drones lors d’opérations militaires.
Dans ce contexte, la France a rapidement réagi à ces frappes. Dans un message publié sur son compte X, le président français Emmanuel Macron a appelé au respect du droit international humanitaire, insistant notamment sur la nécessité de protéger le personnel humanitaire engagé sur le terrain pour sauver des vies.
De son côté, l’AFC/M23 attribue ces frappes de drones au gouvernement de Kinshasa. Dans un message publié sur son compte X, le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, accuse les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’avoir mené ces attaques.
Selon lui, ces frappes constituent une violation du cessez-le-feu en vigueur. Il déplore également le silence de certains partenaires internationaux impliqués dans les efforts de médiation.
En réaction, le gouvernement congolais a indiqué mercredi que des enquêtes étaient en cours afin de déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, lesquelles ont fait plusieurs victimes.
Dans un communiqué publié par le ministère de la Communication et des Médias, le gouvernement assure suivre la situation « avec la plus grande attention » et réaffirme son attachement au respect du droit international humanitaire, notamment à la protection des populations civiles et du personnel humanitaire.
De son côté, Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en RDC et chef par intérim de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), condamne l’escalade de la violence observée mercredi matin à Goma et rappelle que les attaques contre le personnel des Nations Unies pourraient constituer des crimes de guerre conformément au Statut de Rome.
Il appelle toutes les parties à cesser immédiatement les violences conformément à leur engagement de respecter le cessez-le-feu, à privilégier la voie de la solution politique et le dialogue.
Dans le territoire de Fizi, précisément à Mikenge et à Minembwe dans les hauts plateaux, la violence n’a pas encore dit son dernier mot. Ce mercredi 11 mars 2026, les FARDC ont affirmé avoir abattu deux drones militaires qui survolaient la cité de Mikenge, au Sud-Kivu.
Dans une communication, l’armée indique que ces drones proviendraient des positions de l’AFC/M23. Un peu plus tôt, précisément le 9 mars dernier, des drones lancés par la coalition FARDC, Wazalendo et l’armée burundaise avaient bombardé le centre de Minembwe. Des sources locales indiquent que le bâtiment d’une radio communautaire locale avait été détruit, ainsi que d’autres maisons, tout en rapportant la mort d’une fillette de 11 ans dans ces frappes.
Plusieurs autres lignes de front restent également en ébullition, notamment dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu ainsi que dans les hauts plateaux d’Uvira, ceux de Kalehe, à Mwenga ainsi qu’à Shabunda.
Précisons que, dans le cadre des accords signés à Washington en décembre 2025 et des discussions tenues à Doha en juillet de la même année, les différents engagements prévoyaient un cessez-le-feu permanent et une cessation des hostilités.
Sur le plan diplomatique, plusieurs initiatives internationales visant à apaiser les tensions dans l’Est du pays sont en cours. Malgré ces démarches, la situation sécuritaire demeure fragile sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Par Omeur Mudekereza