La circulation sur l’axe routier reliant Kabare à la chefferie de Nindja, en passant par Mulumemunene, est coupée depuis plus de deux mois. Cette décision aurait été prise à la suite de l’instabilité sécuritaire, avec notamment des risques d’affrontements entre les éléments du M23 et les troupes Wazalendo en coalition avec les FARDC.
Des sources locales confirment qu’aucun véhicule ou moto ne peut plus traverser Mulumemunene pour atteindre Nindja, et que tout déplacement, quelle qu’en soit la raison, est impossible.
Les habitants contactés sur place indiquent que cette situation provoque une véritable asphyxie économique et sociale : rareté des produits venant de Bukavu et d’ailleurs, dysfonctionnement des structures sanitaires incapables d’offrir des soins de qualité faute d’intrants, et abandon des champs situés à proximité des zones de combat par peur d’être considérés comme appartenant à l’un ou l’autre camp.
Pour Me Barthelémie Mwambusa, rapporteur du bureau territorial de la société civile de Kabare, la pénurie de médicaments et l’asphyxie du marché local risquent d’aggraver la souffrance d’une population déjà martyrisée. Il appelle les autorités à débloquer la situation en rétablissant le trafic sur ce tronçon afin de permettre aux habitants de vivre dignement.
Réagissant également, le bureau urbain de la société civile de Bukavu souligne que cette situation affecte le centre-ville. Son rapporteur, Me Gaston Lubaka, indique qu’il est devenu impossible pour plusieurs notables possédant des fermes à Mulumemunene et Bitara de s’y rendre ou d’y chercher des marchandises, comme la viande de bœuf et le charbon de bois.
Il estime que le blocus imposé depuis longtemps à la population ne devrait pas se maintenir dans un contexte où les accords déjà signés prévoient l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l’accès aux zones en détresse.
Par Agathe Mudekereza