Les informations faisant état de la fermeture du trafic routier sur le tronçon Bukavu–Uvira traduisent l’idée de séparation et traumatisent davantage la population déjà victime des conflits dans la région.
C’est ce que pense Me Maurice Mirindi, rapporteur adjoint du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, au cours d’une interview accordée à Radio Maendeleo lundi 11 mai 2026. Selon lui, cette décision accentue le sentiment d’isolement des communautés vivant le long de cet axe stratégique reliant plusieurs entités de la province.
Il souligne que les populations devraient plutôt bénéficier de la libre circulation sur cette route, essentielle aux échanges commerciaux, sociaux et humanitaires. Pour lui, la fermeture de cet axe risque d’aggraver la vulnérabilité des ménages en provoquant l’asphyxie économique de la population.
Me Maurice Mirindi met en garde contre les conséquences directes de cette mesure, notamment la fragilisation des activités commerciales, la hausse des prix des produits de première nécessité et la limitation de l’accès aux services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation et l’approvisionnement des marchés locaux.
Il insiste également sur le fait que plusieurs familles dépendent entièrement de ce corridor routier pour leurs activités quotidiennes, et que toute interruption prolongée du trafic aggrave les conditions de vie déjà difficiles dans cette partie du Sud-Kivu.
Tout en appelant les différents acteurs impliqués à revenir sur cette décision, le représentant de la société civile demande aux belligérants de renforcer les mesures sécuritaires sur cet axe afin de garantir la protection des usagers sans bloquer la circulation.
Il conclut en appelant à un équilibre entre impératifs sécuritaires et besoins vitaux des populations, afin de permettre aux habitants de la plaine de la Ruzizi et des zones environnantes de vaquer paisiblement à leurs occupations.
Par Omeur Mudekereza