Dans les structures médicales de Bukavu ainsi que dans les territoires de la province du Sud-Kivu, les infirmières et infirmiers continuent de travailler dans des conditions de plus en plus précaires.
Confrontés à un contexte sécuritaire fragile, nombreux sont ceux qui demeurent sans reconnaissance étatique, avec un statut de “Nouvelle Unité”. Sous ce statut, ils survivent grâce à de petites primes locales, souvent irrégulières et dépendant de la fréquentation des structures sanitaires par les patients.
Malgré ces difficultés, le serment professionnel reste le même : sauver des vies, déclare John Muka, infirmier et directeur de nursing au Centre hospitalier Saint Matthieu de l’Église anglicane, situé non loin de l’Essence Major Vangu à Bukavu.
Sur place comme dans d’autres structures visitées à l’occasion de cette journée, les défis restent également sécuritaires, avec notamment des incursions de personnes armées mettant en danger la vie des soignants et des patients.
À l’hôpital Saint Matthieu, par exemple, deux attaques d’hommes armés ont déjà été enregistrées, au cours desquelles les personnels soignants, les malades et leurs accompagnants ont subi menaces, tortures et intimidations.
Au-delà de la sécurité, le responsable du nursing plaide pour une amélioration des conditions de travail des infirmiers et infirmières, notamment à travers la mise à disposition d’équipements adéquats et une revalorisation salariale.
Il rappelle que les infirmiers et infirmières supportent de lourdes charges horaires et assurent plusieurs tâches dans la chaîne des soins médicaux, mais leur rémunération reste faible par rapport à d’autres intervenants du secteur, d’où l’appel à un réajustement.
Par Hélène Bujiriri