Une Nation commence à s’effondrer lorsque les armes remplacent la parole, lorsque les filles et les fils du Pays cessent de se parler, lorsqu’ils ne se reconnaissent plus comme membres d’une même communauté de destin, lorsqu’ils substituent la méfiance à la fraternité, la haine à la solidarité, l’esprit de vengeance à la culture du pardon et la confrontation à la recherche du bien commun.
C’est en ces termes que se sont prononcé la Conférence Episcopale Nationale du Congo CENCO et l’Eglise du Christ au Congo ECC dans un appel conjointe à la paix et à l’unité nationale en marge du 66ème anniversaire de l’indépendance de la RDC.
Les deux structures disent conster avec préoccupation la multiplication des discours de haine, des messages d’exclusion, et des paroles de division, là où la Nation a besoin de réconciliation, ce qui approfondi les fractures là où l’urgence commande de bâtir des ponts.
Le tandem CENCO-ECC constate la montée dangereuse de la violence verbale, les injures et les calomnies juste au moment où la Nation a besoin de grandir en réflexes éthiques, en vertus civiques et en interactions citoyennes fondées sur le respect mutuel.
Les signataires parlent de la paix est confisquée, particulièrement dans l’Est de notre pays, le tissu social qui s’effrite sous le poids des divisions intestines et la méfiance politique qui fragilise les institutions tout en freinant l’élan de développement dont le peuple congolais a légitimement besoin.
Face à ce tableau et se fondant sur les Saintes Ecritures dans les Psaumes 9 et 133, les Evêques de la CENCO et les pasteurs de l’ECC disent avoir foi que les Congolais accepteront de se parler, de s’écouter et de se reconnaître mutuellement comme les héritiers d’une même histoire et les bâtisseurs d’un même avenir.
Tout n’est pas complètement perdu, écrivent-ils et le Congo peut encore guérir de ses blessures. Ils recommandent de ne pas laisser les divisions s’enraciner davantage, au risque que les blessures d’aujourd’hui deviennent les fractures irréparables de demain.
L’intérêt supérieur de la Nation prime sur les ambitions individuelles et partisanes, poursuit le tandem CENCO-ECC.
Toute en remettant les congolais devant l’histoire et ce que les générations futures diraient des agissements actuels, les Evêques de la CENCO et les Pasteurs de l’ECC estime que le moment est au sursaut de responsabilité indiquant que le dialogue inclusif s’impose pour toutes celles et tous ceux qui se soucient réellement de la patrie.
Le moment est à l’obligation de rechercher les voies concrètes, rapides et pacifiques de paix en vue de restaurer la confiance et préserver l’avenir commun, conclut notre source. Précisons que cet appel est signé par Mgr Fulgence Muteba et le Révérend André Bokundoa, respectivement présidents de la CENCO et de l’ECC.