Plusieurs coins de la ville de Bukavu risquent de devenir invivables en raison de la forte présence de tas de déchets qui restent des semaines entières sans être évacués.
Dans la commune d’Ibanda, particulièrement, plusieurs ronds-points et espaces non construits sont désormais transformés en sites d’entreposage des déchets.
C’est notamment le cas dans le quartier Ndendere, précisément à Nyawera, Elakat, Mukukwe, Quartier Latin et dans l’ensemble de la cellule Muhungu, ainsi que dans le quartier Nyalukemba, le long des routes secondaires de plusieurs avenues, notamment Albert Kayabu, Cimetière 6, Paysage, de la Montagne et Hippodrome.
Dans plusieurs messages d’alerte parvenus à la rédaction de Radio Maendeleo, les habitants se plaignent du fait que les structures concernées continuent de percevoir les frais d’assainissement tout en leur indiquant les sites de transit des déchets.
Malheureusement, indiquent-ils, les programmes d’évacuation ne sont pas respectés, une situation qui favorise la formation de montagnes de déchets, transformant les avenues habitées, non plus en sites de transit, mais en dépotoirs permanents.
Pour Daniel Murhula, chercheur en gouvernance et gestion des ressources naturelles, les autorités doivent mettre en place des mécanismes efficaces de gestion des déchets et d’assainissement, ainsi qu’élaborer des politiques environnementales durables.
Selon lui, cette accumulation s’expliquerait par les difficultés logistiques des entreprises chargées de la collecte des déchets, le manque de personnel qualifié, l’insuffisance des équipements d’évacuation et le nombre limité d’entreprises spécialisées.
Il recommande d’accroître les investissements dans le secteur de l’assainissement, d’augmenter le nombre d’entreprises spécialisées, de favoriser le recyclage et la valorisation des déchets, mais aussi de renforcer les partenariats public-privé.
Seule une action concertée entre les autorités, les entreprises spécialisées et les citoyens permettra de relever le défi de l’assainissement et d’améliorer le cadre de vie des habitants de Bukavu, indique-t-il.
D’autres acteurs recommandent aux autorités de renforcer le suivi des organisations affectées à ce travail afin qu’elles ne se limitent pas à la collecte des fonds, mais réalisent un travail de qualité sur le terrain.
Par Myriam Mufano