Les autorités devraient assouplir les restrictions aux frontières pour les petits commerçants et les populations vivant des activités transfrontalières, tout en renforçant les contrôles sanitaires contre Ebola afin de préserver les moyens de subsistance des communautés sans compromettre la lutte contre la propagation du virus.
Ces propositions sont formulées par Mudekereza Kasenga Augustin, chercheur à Angaza Institute, un centre de recherche rattaché à l’ISDR Bukavu, à l’issue d’une étude menée sur le thème : « L’épidémie à virus Ebola en RDC en contexte de polycrise et instrument du pouvoir ».
Pour lui, la riposte doit concilier les impératifs de santé publique avec les réalités socio-économiques des populations frontalières. Le chercheur estime que la réponse à l’épidémie doit être davantage contextualisée afin de tenir compte des besoins des communautés affectées.
Selon Mudekereza Kasenga Augustin, les pays de la région des Grands Lacs devraient privilégier une véritable coopération sanitaire afin d’éviter que les tensions politiques et diplomatiques ne compromettent les efforts de lutte contre la maladie.
Il recommande également aux autorités congolaises, aux responsables de l’AFC/M23 et aux partenaires internationaux de renforcer le financement de la riposte au niveau communautaire.
Le chercheur insiste sur la nécessité de soutenir les relais communautaires et les personnels de santé, essentiels dans la sensibilisation, la surveillance et la prévention. À ses yeux, Ebola devrait constituer un moteur de solidarité régionale plutôt qu’un nouveau terrain de rivalités politiques.
Par Omeur Mudekereza