Les conditions pour séjourner au Burundi comme résident se durcissent davantage pour les étrangers, en majeure partie les Congolais qui s’y retrouvent depuis l’occupation par l’AFC/M23 de vastes étendues au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Les ressortissants étrangers résidents au Burundi sont sommés, en même temps, d’obtenir un visa d’établissement et une carte d’identité pour étranger. Des formalités dont l’obtention est conditionnée par le paiement de frais que beaucoup qualifient d’exorbitants.
Des frais jugés exorbitants
Selon certains Congolais vivant au Burundi qui ont saisi Radio Maendeleo et qui gardent leur anonymat pour des raisons de sécurité, vivre au Burundi relève désormais d’un réel luxe au vu des exigences mises sur la table par le Commissariat général des migrations.
Ce service, dépendant du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, oblige tout étranger résident au Burundi à obtenir une carte d’identité pour étranger avant le 30 septembre, faute de quoi le récalcitrant sera considéré comme irrégulier.
Cette carte est facturée à 30 dollars américains pour une période de six mois, 50 dollars pour une année, 100 dollars pour deux ans et 200 dollars américains pour cinq ans.
Par ailleurs, ajoutent nos sources, le Burundi exige en même temps des étrangers qu’ils disposent d’un visa d’établissement, disponible au coût de 500 dollars pour chaque personne et pour une période de deux ans.
Des familles congolaises inquiètes
Un père dont la famille se retrouve à Bujumbura depuis le mois de février 2025, après la chute de la ville de Bukavu aux mains de l’AFC/M23, regrette de voir que de telles conditions viennent d’un pays qui se dit allié à la RDC.
Ce dernier rappelle que le Burundi devrait considérer le statut de réfugié que revêtent, selon lui, la plupart des Congolais qui vivent aujourd’hui dans la capitale burundaise, bien qu’ils ne soient pas enregistrés comme tels par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Il l’explique par le fait que beaucoup ont fui la RDC à cause de la guerre et décidé de vivre en refuge au Burundi, dans les milieux urbains et avec leurs propres moyens, en attendant de voir la situation se normaliser dans leurs lieux de provenance au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
La question de l’intégration régionale
Par ailleurs, cette source rappelle qu’au vu de l’adhésion de la RDC à la Communauté d’Afrique de l’Est, l’EAC, à laquelle le Burundi participe comme État membre, les conditions d’accès aux titres de résident permanent devraient connaître des assouplissements.
Malheureusement, regrette-t-il, alors que la délivrance d’un visa de l’EAC est sans exigence, au Burundi, son obtention est conditionnée par l’achat en premier lieu de la carte d’identité pour étranger.
Des refoulements redoutés à partir d’octobre
Au vu de la conjoncture économique du moment et de la pression des services migratoires du Burundi, ce dernier craint de voir plusieurs familles congolaises refoulées du Burundi, surtout à partir du mois d’octobre prochain.
Par Expedit Kyalu