L’incendie qui a ravagé deux écoles dans le quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu, suscite une vive émotion et de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile congolaise. Au-delà de la prise en charge des victimes et des sinistrés, plusieurs voix appellent à des mesures structurelles pour prévenir de nouvelles tragédies dans une ville régulièrement confrontée aux incendies.
Une classe politique entre émotion et condamnation
Face à ce drame, l’opposant Moïse Katumbi dénonce « un drame absolu » et appelle à la mise en place de mesures urgentes afin d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
De son côté, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege fustige une gouvernance qu’il juge défaillante. Il refuse que cet incendie soit réduit « au rang d’un fait divers », appelant ainsi à considérer la gravité de la situation et ses conséquences pour les populations.
L’ancien président de l’Assemblée nationale et député élu de Bukavu, Vital Kamerhe, a également réagi à ce drame. Il adresse ses condoléances aux familles des victimes de l’incendie.
L’urbanisation de Bukavu au cœur des préoccupations
Au-delà des réactions de compassion, plusieurs intervenants mettent en avant les difficultés structurelles auxquelles la ville de Bukavu est confrontée.
Le professeur Bahati Lukwebo pointe notamment le manque de voies d’accès, qui complique l’intervention des véhicules anti-incendie dans certains quartiers. Il plaide ainsi pour une urgence d’urbanisation de la ville.
Cette question revient également dans la réaction du député national Mudekereza Namegabe Olive, après l’incendie déclaré jeudi 10 septembre dans le quartier Buholo Kasha, dans la commune de Bagira, à la limite avec la commune de Kadutu.
Selon lui, la répétition des incendies à Bukavu impose aux pouvoirs publics de prendre des mesures contraignantes. Il estime que la reconstruction de la ville doit intégrer les exigences d’une urbanisation adaptée, notamment les servitudes, les sentiers ainsi que les voies permettant l’évacuation des habitants et le passage des ambulances et des véhicules anti-incendie.
Le député appelle ainsi à une réflexion approfondie sur l’avenir de Bukavu face à la multiplication de ces sinistres.
Une aide urgente demandée pour les victimes
Parallèlement aux appels à des réformes structurelles, l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo, ANAPECO Sud-Kivu, demande une intervention urgente des autorités en faveur des familles touchées.
Son président, Augustin Batandi, appelle à une réponse rapide pour venir en aide aux victimes et aux sinistrés confrontés aux conséquences de l’incendie.
La société civile appelle à la vigilance
Dans la société civile, Samy Jean Takimbula condamne également la multiplication des incendies dans la ville de Bukavu. Il invite les habitants à redoubler de prudence afin de contribuer à prévenir de nouveaux drames.
Au-delà de l’urgence, des solutions structurelles
Les différentes réactions exprimées à la suite de ces incendies mettent en évidence deux urgences : répondre aux besoins immédiats des victimes et s’attaquer aux facteurs qui favorisent la répétition de ces catastrophes.
À Bukavu, la question de l’urbanisation, de l’accessibilité des quartiers et de la capacité d’intervention des services de secours apparaît ainsi au cœur des préoccupations. Pour les différents intervenants, l’enjeu est désormais d’éviter que les incendies ne continuent à se transformer en drames humains aux conséquences toujours plus lourdes.
Par Omeur Mudekereza