Le Centre de recherche et d’étude sur les conflits et la paix dans la région des Grands Lacs (CRECOPAX) appelle les pouvoirs publics à relocaliser les familles victimes des récents incendies à Bukavu. Il soutient également l’interdiction de nouvelles constructions sur les sites touchés par les sinistres.
Un réaménagement avant toute reconstruction
Cette unité de recherche de l’Université officielle de Bukavu (UOB) formule ces recommandations dans une note publiée à l’issue d’une recherche rapide menée sur le terrain pour comprendre la complexité du phénomène des incendies dans la ville de Bukavu.
Dans ce document, les chercheurs de la Faculté des sciences sociales de l’UOB estiment qu’un réaménagement territorial localisé doit être réalisé avant toute nouvelle construction dans les zones touchées.
Ils proposent notamment la construction de nouvelles maisons pour les familles sinistrées, l’interdiction de construire sur les sites impropres et la délocalisation des ménages exposés aux risques de catastrophes naturelles.
Le CRECOPAX se dit également favorable au réaménagement de la ville de Bukavu ainsi qu’au projet de son extension.
Une aide mieux coordonnée pour les sinistrés
Par ailleurs, le centre appelle à une assistance en faveur des victimes des récents incendies.
Pour les chercheurs, l’ampleur des drames impose une solidarité nationale et internationale afin de protéger les vies humaines en danger.
Le CRECOPAX propose notamment une approche fondée sur la synergie entre les différents intervenants, afin que l’aide humanitaire produise des résultats concrets dans un délai rapide.
Selon cette structure, les initiatives de solidarité et d’assistance aux sinistrés restent isolées, insuffisantes et mal coordonnées. Une situation qui, d’après elle, ne permet pas d’atteindre l’ensemble des bénéficiaires et favorise des rapports de pouvoir et de concurrence.
Prévenir les conflits dans les zones sinistrées
Le CRECOPAX alerte également sur les conséquences sociales des incendies. Selon cette unité de recherche, le déséquilibre provoqué par les sinistres pourrait fragiliser la cohésion sociale et favoriser plusieurs types de conflits, notamment les conflits fonciers, les accusations de sorcellerie et les conflits familiaux.
Pour prévenir ces tensions, le centre recommande la mise en place d’un comité de monitoring des conflits et de la cohésion sociale dans les zones touchées par les incendies.
Par Expedit Kyalu