Un an après sa signature, l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda affiche un bilan mitigé dans son application.
Selon le rapport annuel du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, publié et consulté par Radio Maendeleo vendredi 26 juin 2026, le niveau de mise en œuvre des engagements n’atteint que 35%.
Sur les 30 tâches prévues dans cet accord signé le 27 juin 2025, 22 ont connu un début d’exécution, lit-on dans ce rapport qui note néanmoins que seules trois mesures ont été entièrement réalisées.
Il s’agit principalement des engagements institutionnels, notamment la mise en place du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire ainsi que du Comité de surveillance conjointe.
Les points les plus sensibles de l’accord restent cependant en suspens. Le rapport indique que la neutralisation des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda FDLR, lancée seulement fin mars 2026 soit plusieurs mois après la signature de l’accord, n’a atteint qu’un score de 5 sur 10.
Le désengagement des forces rwandaises du territoire congolais reste également faible, avec une évaluation de 2,5 sur 10, indique ce rapport du Baromètre des Accords de Paix en Afrique qui souligne qu’aucune déclaration officielle de Kigali n’a confirmé jusqu’à présent un retrait effectif de ses troupes.
Sur le plan humanitaire, les résultats demeurent préoccupants. La protection des civils, le retour des déplacés et l’accès à l’aide humanitaire stagnent également à 2,5 sur 10, poursuit notre source.
Cette situation intervient alors que l’Est de la RDC compte environ 3,59 millions de personnes déplacées internes.
L’étude identifie plusieurs étapes dans l’évolution du processus de paix. Une première phase de lancement a été observée entre juillet et août 2025, suivie d’une progression modérée jusqu’en novembre de la même année. Le processus a ensuite connu une longue période de stagnation avant une reprise timide à partir de fin mars 2026.
Parmi les principaux obstacles relevés figurent le manque de confiance entre les parties, les divergences autour de l’application des accords de cessez-le-feu et l’absence de critères précis permettant de mesurer les résultats des opérations contre les FDLR.
Le Baromètre met aussi en garde contre toute réforme constitutionnelle menée sans un large consensus national. Selon ce rapport, une telle démarche pourrait fragiliser davantage le climat de confiance nécessaire à la réussite des processus de Washington et de Doha.
Un an après la signature de l’accord, le Baromètre des Accords de paix en Afrique appelle donc à accélérer les engagements encore en attente afin de transformer les promesses diplomatiques en résultats concrets sur le terrain.