Le nouveau Comité Exécutif de l’Union pour le Développement de la Zone de Kabare (UDEZOKA) passe à la vitesse supérieure deux mois seulement après son élection.
À travers une note d’information officielle signée par la Présidente du Comité Exécutif, Me Nsimire Muzigirwa Elodie, l’équipe dirigeante annonce le déploiement immédiat, dès ce mois de juillet, d’un grand programme d’identification et de cartographie des ressources humaines baptisé « KABARE CONNECT ».
Cette initiative d’envergure nationale et internationale s’adresse directement à toutes les filles et à tous les fils de Kabare résidant à Kinshasa, dans les différentes provinces de la République démocratique du Congo ainsi que dans la diaspora.
Un bilan transparent après la passation de pouvoir
C’est une décision stratégique qui s’inscrit dans la suite directe de l’Assemblée Générale Élective du 11 avril 2026 et de la cérémonie officielle de remise et reprise organisée le 10 mai 2026 entre le bureau sortant et la nouvelle équipe.
Justement soucieux de respecter le principe de transparence envers la communauté, le comité entrant a tenu deux réunions de travail successives en présentiel, les 12 mai et 26 juin de l’année en cours, afin d’analyser en profondeur les dossiers transmis.
C’est au cours de ces séances que l’ancien président a remis une clé USB contenant l’historique documentaire de l’organisation.
Ce support numérique intégrait notamment des copies des revues numéro 010 de mai 2024 et numéro 011 de mai 2026, la monographie du territoire, ainsi que le discours d’hommage au Mwami Kabare.
Parallèlement, le fichier comprenait l’oraison funèbre dédiée à Sa Majesté le Mwami Rugemaninzi Désiré Kabare pour le « Spécial 40 ans » depuis la mort du Mwami Kabare dit « Zéro Zéro », complétée par un ouvrage sur les traditions orales et l’histoire des Bami du Bushi.
Au-delà de ces archives culturelles, le dossier englobait des textes juridiques majeurs comme les règlements intérieurs de l’UDEZOKA et du Cinyabuguma, le mot de cette structure prononcé par le magistrat Gogo Chanikire, le rapport final de la commission électorale du dimanche 11 avril 2016, ainsi que le rapport financier de l’AG Élective du 11 avril 2026.
Sur le plan financier enfin, le comité sortant a officiellement cédé un montant de 380 dollars américains correspondant au solde des contributions collectées lors de cette dernière assemblée.
Les grands défis structurels à surmonter
Malgré ce passage de témoin ordonné, et bien que la nouvelle équipe ait chaleureusement félicité le comité sortant pour le travail acharné accompli durant treize années de gestion, cet état des lieux approfondi a mis en lumière plusieurs faiblesses majeures.
Une réflexion approfondie doit désormais être menée avant de lancer les activités, tout en restant fidèle à la vision des fondateurs.
En clair, les premières analyses révèlent d’abord l’absence totale d’un plan ou d’un programme en lien avec les objectifs de l’UDEZOKA, ainsi que l’inexistence d’un fichier officiel répertoriant les membres effectifs, les sympathisants ou les membres d’honneur.
Cette désorganisation se double d’une fragilité logistique évidente, puisque la structure souffre cruellement du manque d’un siège fonctionnel, d’outils modernes de gestion administrative et d’un système permanent de cotisations et de mobilisation des ressources.
Cette situation explique d’ailleurs la faiblesse des moyens financiers actuels de la mutuelle.
Pour couronner le tout, le constat le plus lourd reste l’absence totale d’un cadre ou d’outils de connexion modernes permettant de lier efficacement le terroir d’origine aux fils et filles de Kabare à travers le pays et le monde.
Le capital humain comme moteur du renouveau
Face à ces difficultés évidentes, le Comité Exécutif refuse pourtant de se décourager et considère ce diagnostic réaliste comme le point de départ de la reconstruction de l’organisation.
La nouvelle équipe se dit convaincue que l’UDEZOKA dispose d’un potentiel humain, intellectuel et économique considérable qui ne demande qu’à être encadré.
C’est précisément pour cette raison que le programme « KABARE CONNECT » s’impose comme une priorité absolue du mandat.
L’objectif est de rompre définitivement avec l’ancienne approche qui consistait à ne solliciter les membres que lorsqu’une cotisation est demandée ou qu’un événement est organisé.
Désormais, la stratégie consiste à associer durablement chaque ressortissant à une vision et à des projets concrets correspondant à leurs compétences uniques.
La communauté compte en effet des milliers de talents exceptionnels, parmi lesquels figurent des médecins de renom, des infirmiers, des pharmaciens, des juristes, des avocats, des magistrats, des enseignants, des chercheurs, des ingénieurs, des agronomes et des vétérinaires.
Ce capital comprend également des entrepreneurs, des opérateurs économiques, des artistes, des sportifs, des responsables religieux, des responsables politiques, des diplomates, des hauts fonctionnaires ainsi que de nombreux étudiants particulièrement brillants, sans oublier des notables et des personnalités influentes tant au pays qu’à l’étranger.
Une fois constituée, cette base de données deviendra un véritable patrimoine stratégique indispensable pour faciliter la constitution de commissions techniques, élaborer des projets de développement, mener des plaidoyers auprès des autorités et des partenaires, et mobiliser les ressources nécessaires autour de l’autorité coutumière de référence, Sa Majesté le Mwami, pour la transformation du territoire.
Un déploiement progressif par groupement
Pour concrétiser cette ambition tout en respectant l’organisation sociologique du territoire, la mise en œuvre de ce recensement se réalisera simultanément au niveau de chaque entité afin d’assurer la fiabilité des informations recueillies et de faciliter le rapprochement des membres. Sur le plan opérationnel, le processus sera d’abord précédé par des séances de travail en ligne avec les délégués de chaque axe géographique.
Dans un second temps, des journées de rencontre en présentiel se tiendront à Kinshasa entre le Comité Exécutif, une représentation de la notabilité et un délégué de nos deux chefferies souveraines de Kabare et de Nindja afin d’évaluer la progression de la dynamique.Ces activités permettront concrètement aux fils et filles de chaque groupement non seulement de se connaître, de se connecter et de solidariser, mais aussi de discuter ouvertement des défis et des priorités propres à leur milieu.
Ces rencontres débuteront en ce début du mois de juillet et se dérouleront dans un ordre de passage précis en présentiel, commençant d’abord par les groupements de Bugobe, Bugorhe, Bushumba, Bushwira, Cirunga, Ihembe et Irhambi-Katana, sur un total de dix-sept groupements incluant Kasha et Kalonge au cas échéant.
À terme, toutes les données collectées et les diagnostics institutionnels validés seront présentés lors d’un Forum Général des Kabarois afin d’enrichir et d’adopter définitivement le plan stratégique pour le développement de Kabare.
Par la Rédaction