La Coordination des Mutualités Bashi Bahavu pour le Développement COMUBAD en sigle continue de dénoncer les traitements réservés aux commerçants ambulants en provenance du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour exercer dans d’autres parties de la RDC.
C’est notamment des cas d’arrestations arbitraires et en cascade, prise à partie et saisies des biens rapportés notamment à Beni au Nord-Kivu ainsi que dans les provinces de l’Ituri, du Maniema, de la Tshopo à Kinsangani, Lualaba, du Tanganyika ainsi qu’à Lubumbashi.
Dans une note adressée au Président de la République avec copie à Radio Maendeleo, la COMUBAD fait observer que ces cas se sont accentués depuis l’occupation de Bakavu et Goma par les troupes de l’AFC-M23.
Rappelant que le commerce ambulant joue un grand rôle dans l’approvisionnement des zones enclavées avec un impact important sur l’économie du Pays, le Coordonnateur Pays ad intérim de cette structure citoyenne Migabo Cherubala Pascal insiste qu’il est inadmissible que ceux qui l’exercent subissent de tels actes juste parce qu’ils viennent des zones occupées.
« à ce jour, plusieurs centaines de commerçants ambulants de notre communauté ont été interpellés ou inquiétés dans ces différentes provinces. Pourtant, cette activité constitue pour nous une source essentielle de revenus permettant de subvenir aux besoins de nos familles, de nous acquitter de nos obligations fiscales et de contribuer au développement économique et social du pays », indique la correspondance.
Ces arrestations et restrictions dont font l’objet les commerçants ambulants venant du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constituent une violation flagrante des droits fondamentaux tels que celui lié à la libre circulation, le droit au travail et l’exercice des activités économiques, lit-on dans cette correspondance.
Tout rappelant que les Bashi-Bahavu sont des congolais à part entière venant des territoires de Kabare, Walungu, Kalehe, Idjwi et Mwenga, Migabo Cherubala Pascal sollicite l’implication personnelle du Président de la République afin qu’ils bénéficient de la protection de l’Etat et puissent exercer leurs activités sur l’ensemble du territoire national.
« nous reconnaissons les impératifs sécuritaires auxquels notre pays est confronté. Toutefois, nous estimons que les arrestations et restrictions dont nous faisons l’objet portent atteinte à nos droits fondamentaux, notamment la liberté de circulation, le droit au travail et le libre exercice des activités économiques, tels que garantis par les articles 16, 30 et 35 de la Constitution de la République démocratique du Congo, ainsi que par les principes de l’État de droit et le slogan qui guide l’action du pouvoir en place, à savoir << le peuple d’abord >>. Nous rappelons également que les peuples BASHI-BAHAVU sont des citoyens congolais à part entière, originaires des territoires de Kabare, Walungu, Kalehe, Idjwi et Mwenga, dans la province du Sud-Kivu. Les événements sécuritaires qui touchent actuellement notre province d’origine ne sauraient justifier une stigmatisation collective de nos communautés à travers le territoire national ». ajoute le Coordonnateur de cette structure.
Le Coordonnateur Pays de la COMUBAD Migabo Cherubala pascal sollicite également du gouvernement la mise en place d’un document officiel ou d’un mécanisme d’identification qui permettrait à ces ambulants d’exercer à l’abri de toutes tracasseries et autres restrictions.
« Nous demandons également au Gouvernement d’examiner la possibilité de mettre à notre disposition un document officiel ou tout autre mécanisme d’identification permettant de faciliter nos déplacements professionnels et d’éviter les arrestations ou tracasseries injustifiées. À cet effet, nous souhaiterions être informés des démarches à suivre, des autorités compétentes et des éventuelles conditions requises pour l’obtention d’un tel document », indique-t-il avant de conclure « tout en saluant les initiatives entreprises par Son Excellence Monsieur le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le cadre des efforts visant à restaurer l’unité nationale, la paix et la stabilité dans l’Est du pays, nous réaffirmons notre confiance en votre engagement pour la protection de tous les citoyens et sollicitons respectueusement une suite favorable à notre requête ».