Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege condamne les nominations de nouvelles autorités académiques dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire par les mouvements armés AFC-M23/RDF dans les zones occupées, ainsi que la suspension des activités académiques décidée par le régime de Kinshasa.
Dans une déclaration publiée mercredi 26 août 2026, Denis Mukwege affirme que « l’éducation de nos jeunes est sacrée et non négociable ».
Il estime que la fermeture des universités vient resserrer davantage l’étau sur les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, après, selon lui, la fermeture des aéroports, la fermeture des banques, les restrictions de l’aide humanitaire et des mouvements de la population.
Le prix Nobel de la paix déplore également les difficultés auxquelles la jeunesse congolaise est confrontée, notamment le chômage, le détournement des fonds destinés à son épanouissement, le recrutement forcé dans des groupes armés et les tueries qui endeuillent les familles.
Pour Denis Mukwege, empêcher aujourd’hui les jeunes de rêver, d’apprendre et de se former pour réaliser leurs aspirations et servir la société constitue « une ligne rouge inacceptable ».
Il estime par ailleurs que ces « coïncidences troublantes » soulèvent une nouvelle fois des interrogations légitimes sur une possible coordination entre le régime de Kinshasa et le régime de Kigali avec leurs supplétifs de l’AFC-M23 et du Twiraneho. Il évoque l’hypothèse d’un « plan bien rodé pour se départager la RDC ».
Denis Mukwege redoute également, après ce qu’il qualifie de « génocide silencieux », un « épistémicide lent », qu’il considère comme plus corrosif et dangereux pour l’avenir des générations futures. Selon lui, cette situation pourrait conduire à la mise à mort systématique des savoirs, de la capacité à penser, à chercher et à produire de la connaissance.
Face à cette situation, il lance un appel pressant à tous les acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la recherche d’une solution à la crise, afin de faire de l’éducation des enfants congolais une priorité absolue de tous les processus en cours.
Il rappelle également la nécessité d’associer de manière significative les jeunes congolais à toutes les questions qui les concernent directement.
Denis Mukwege exige en outre la fin de l’instrumentalisation et de l’ingérence dans la gestion des établissements scolaires et universitaires par les militaires, ainsi que la reprise sécurisée des cours partout sur le territoire national, y compris dans les zones occupées.
Pour le prix Nobel de la paix, « l’avenir de notre jeunesse ne peut pas être la monnaie d’échange des calculs politiques ou des ambitions territoriales, ni être traité comme un simple dommage collatéral ».
Par la Rédaction