En moins de trois semaines, soit du 27 juillet au 13 août, dans la ville de Bukavu, plus d’une centaine de maisons ont été détruites ou touchées par le feu, 59 ateliers sont partis en fumée, des commerces et des salles de classe ont été affectés, avec également des pertes en vies humaines.
Ces incendies ont principalement frappé la commune d’Ibanda, précisément les quartiers Panzi et Ndendere. Plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, tandis que près de 320 artisans ont perdu leurs outils et leurs moyens de subsistance.
Le premier sinistre a été enregistré le 27 juillet dans le quartier Panzi, sur l’axe Mbeke, avenue Longangi, où plus de 20 maisons ont été ravagées par les flammes. Deux enfants, âgés de 4 et 6 ans, y ont perdu la vie.
Le 10 août, un autre incendie a détruit plus de 38 maisons sur l’avenue Maman Yemo, toujours à Panzi. Deux jours plus tard, le 12 août, plus de 40 autres maisons ont été ravagées dans le quartier Ndendere, notamment sur les avenues Anciens Combattants 3 et Ruzizi 2.
La série s’est poursuivie le 13 août avec deux nouveaux incendies. À Panzi, 8 maisons ont été détruites sur l’avenue Mulamba Solidarité, dans l’axe Mushununu.
Le sinistre le plus important est celui enregistré à Ndendere, sur l’avenue Industrielle, au niveau de la Confédération Monde des Artisans, CMA en sigle. Ici, 59 ateliers ont été réduits en cendres.
Ce sinistre a aussi touché 5 maisons commerciales ainsi que des habitations environnantes. Les flammes se sont propagées jusqu’à l’EP Matendo, affectant au moins 4 salles de classe, selon le constat fait au terme d’une descente sur le terrain.
Des équipements de menuiserie, de plomberie et d’électricité, des postes à souder ainsi que des machines utilisées pour la fabrication de gouttières ont été détruits.
Selon Namuto Babunga Samuel, secrétaire de la Confédération Monde des Artisans et lui-même victime de l’incendie, près de 320 artisans sont concernés par ce sinistre. Il affirme que le feu serait parti d’une boulangerie voisine avant de se propager rapidement aux ateliers de la CMA.
Face à la souffrance que traversent les victimes, Murhula Machumbiko, président de la société civile, noyau communal d’Ibanda, appelle à une mobilisation urgente en leur faveur.
Il demande aux autorités, aux élus, aux organisations humanitaires, aux églises et aux personnes de bonne volonté de se mobiliser pour cette cause.
Depuis le 27 juillet, le bilan connu de ces incendies s’élève ainsi à au moins 106 maisons d’habitation détruites ou touchées, 59 ateliers anéantis, plusieurs commerces et salles de classe affectés, ainsi que deux enfants décédés.
Par Omeur Mudekekereza