Le recours aux services spécialisés en santé mentale figure parmi les moyens pouvant contribuer à réduire les cas de suicide à Bukavu. La récurrence de ces situations peut notamment être liée à plusieurs facteurs, dont les conflits armés, les incendies et autres catastrophes naturelles, estime le psychologue clinicien Idriss Baninde.
Encourager le recours aux soins de santé mentale
À l’occasion de la Journée internationale de la prévention du suicide, célébrée ce jeudi 10 septembre 2026, Idriss Baninde invite les habitants de Bukavu à consulter les services spécialisés en santé mentale, au même titre qu’ils recourent aux structures médicales pour les problèmes de santé physique.
Il estime que ces services peuvent jouer un rôle important dans la prise en charge des personnes confrontées à des difficultés psychologiques.
« C’est une occasion pour nous de pouvoir encourager les communautés à pouvoir consulter des services spécialisés en soins de santé mentale, surtout dans la ville de Bukavu. Des hôpitaux en solaire qui sont spécialisés en soins de santé mentale. »
Le psychologue clinicien souligne toutefois que l’accès à ces soins doit tenir compte du contexte particulier dans lequel vivent de nombreuses communautés, marqué notamment par la crise humanitaire et les événements traumatiques.
L’accompagnement des proches pour réduire la stigmatisation
Selon Idriss Baninde, les conflits armés, les incendies et d’autres catastrophes naturelles peuvent contribuer à la détresse psychologique des personnes qui y sont exposées. Dans ce contexte, l’accompagnement des proches peut favoriser la parole et contribuer à réduire la stigmatisation.
« C’est facile d’accéder à ces soins, mais c’est plus facile pour la population qui est déjà confrontée à une crise humanitaire accrue, aux conflits armés, aux incendies et d’autres catastrophes naturelles. Donc, ce sont là les facteurs susceptibles de pouvoir pousser les personnes à sombrer d’un signe de détresse psychologique. Et quand la personne est accompagnée, quand la personne a quelqu’un sur qui la personne peut compter, ça permet de réduire la stigmatisation et la personne qui a une difficulté peut se sentir ouverte à s’exprimer, que ce soit devant ce membre de la famille, que ce soit devant ses collègues de service, ses camarades de classe. »
Il appelle ainsi les familles, les collègues et les communautés à rester attentifs aux personnes exposées à des situations traumatiques et à favoriser leur écoute et leur accompagnement.
Les organisations humanitaires appelées à renforcer leurs initiatives
Idriss Baninde invite également les organisations humanitaires engagées dans la promotion du bien-être mental et de la résilience communautaire à soutenir davantage les initiatives de prévention du suicide, notamment à travers les campagnes de sensibilisation.
« Le message pour moi à cette occasion, c’est d’appeler toutes les organisations humanitaires qui œuvrent dans la promotion du bien-être mental, dans la résilience communautaire, de pouvoir accompagner, que ce soit les campagnes de sensibilisation qui peuvent être mises en place, que les organisations humanitaires puissent accompagner ces initiatives, surtout dans la lutte contre le suicide. »
Pour lui, le renforcement de la sensibilisation et l’accompagnement des personnes en détresse constituent des pistes importantes pour améliorer la prévention du suicide dans la communauté.
Par Expedit Kyalu