La Coalition Article 64, C64, rejette catégoriquement le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration rendue publique vendredi 28 août à Kinshasa, cette plateforme de l’opposition estime que les consultations annoncées par le chef de l’État ne peuvent se substituer à un véritable dialogue national inclusif.
Pour la C64, l’initiative présidentielle ne répond pas aux principales urgences auxquelles fait face la République démocratique du Congo, notamment la guerre, l’insécurité, les crises sanitaires et la détresse sociale de la population.
La coalition accuse également Félix Tshisekedi de poursuivre, à travers ce processus, des manœuvres visant à modifier la Constitution et à ouvrir la voie à un troisième mandat.
Elle évoque aussi un risque de « balkanisation » du pays, selon sa propre analyse.
La C64 réaffirme ainsi son opposition à toute modification de la Constitution et à tout projet de troisième mandat après 2028.
Elle maintient par ailleurs son appel à une marche nationale prévue le 15 septembre prochain à Kinshasa contre le changement de Constitution et ce qu’elle considère comme une volonté de prolongation du pouvoir.
Cette déclaration commune intervient au lendemain de l’adresse à la Nation de Félix Tshisekedi, dans laquelle le président a annoncé un processus de dialogue national tout en excluant des assises les acteurs qui, selon ses termes, « combattent les institutions par les armes ». Le chef de l’État a précisé que les questions liées à l’AFC/M23 restent du ressort du processus de Doha.
La C64 demande pour sa part un processus véritablement inclusif, estimant que les consultations proposées ne permettent pas, dans leur forme actuelle, de répondre aux différentes crises que traverse le pays.
La réaction de la coalition intervient alors que l’annonce du dialogue continue de susciter des positions divergentes au sein de la classe politique congolaise.
Plusieurs acteurs de la majorité soutiennent l’initiative présidentielle, tandis que des composantes de l’opposition la contestent.
Du côté de l’AFC/M23, aucune réaction officielle à cette initiative n’a, à ce stade, été enregistrée.
Par la Rédaction