La capacité de pêche a baissé sensiblement ces 20 dernières années sur le lac Kivu, surtout du côté du bassin de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.
Selon les données recensées auprès des scientifiques, il y a 20 à 30 ans, pour une nuit de pêche au filet et par attraction lumineuse, une troupe de pêcheurs capturait 100 kilos de poissons. Aujourd’hui, cette capacité a baissé jusqu’à 20, voire 10 kilos.
C’est ce que rapporte le professeur hydrobiologiste Akonkwa Balagizi, directeur du Laboratoire d’hydrobiologie, d’aquaculture et gestion des ressources naturelles, LHAGREN en sigle, rattaché à l’Université Officielle de Bukavu, à l’occasion de la Journée mondiale des lacs célébrée ce 27 août.
À l’en croire, plusieurs facteurs sont à la base de cette régression. Il cite, par exemple, la mauvaise gestion du bassin versant du lac Kivu, ce qui entraîne la pollution des eaux du lac par les déchets.
Cette pollution détériore non seulement la qualité des eaux, mais entraîne aussi la migration des poissons de type sambaza vers des lieux où l’eau est moins menacée par les sources polluantes, notamment dans les baies du lac Kivu du côté rwandais.
Cela justifie le fait que la capacité de pêche baisse considérablement à Bukavu et non au Rwanda voisin, fait savoir ce chercheur en hydrobiologie, qui précise que le poisson de type sambaza est très sensible à toute forme de pollution.
Par ailleurs, ajoute-t-il, d’autres facteurs influencent cette réduction du potentiel de capture des poissons, notamment la surpêche, l’usage du matériel non adapté, entre autres les filets de mailles de moins de 9 millimètres, ainsi que les mauvaises pratiques de pêche, comme la pêche sur les sites de reproduction des poissons.
Il invite les pêcheurs à suivre les instructions émises par les unités de recherche et les experts indépendants sur la gestion responsable du lac Kivu, en insistant sur le respect des périodes de fermeture du lac et l’usage du matériel approprié pour la pêche.
Enfin, le professeur Akonkwa invite l’autorité publique à faire respecter le contenu de l’édit provincial sur la gestion et la conservation des zones humides, qui vise à protéger les écosystèmes aquatiques du Sud-Kivu, incluant le lac Kivu.
Par Expedit Kyalu