Les parties prenantes aux pourparlers de paix entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sont appelées à faire preuve de professionnalisme et de responsabilité afin que les conclusions rencontrent les réalités sur le terrain.
Cette recommandation émane de la société civile, forces vives du territoire de Fizi, à la suite des affrontements continus dans cette partie du Sud-Kivu malgré la signature de différents protocoles portant notamment sur le cessez-le-feu.
Dans un entretien accordé à Radio Maendeleo lundi 20 avril 2026, le président de cette structure citoyenne, Me Jacques Alimasi, estime qu’il est inadmissible que les compromis issus de différents rounds ne soient pas respectés par les parties au conflit.
Sur le terrain, regrette-t-il, aucun changement n’est visible, car la violence continue avec des conséquences sur les populations civiles.
Il cite le cas des bombardements du dimanche 19 avril dernier dans les villages de Bikyaka et Point Zéro, intervenus deux jours seulement après la signature, en Suisse, d’un communiqué conjoint entre les deux parties concernant notamment le mécanisme de suivi du cessez-le-feu.
Me Jacques Alimasi indique que ces nouveaux bombardements ont fait six morts parmi les civils et plusieurs habitations détruites, renforçant ainsi une crise humanitaire déjà fragile depuis le début du conflit.
Il demande aux parties de tenir compte de la vie difficile que traversent les populations dans la partie Est de la RDC et d’accélérer les efforts pour ramener la paix.
Rappelons que dans le communiqué conjoint signé en Suisse, le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 ont réalisé des progrès substantiels en vue de la conclusion, dans les jours qui suivent, d’un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire.
Les deux parties se sont engagées sur plusieurs points, notamment garantir un accès rapide et sans entrave à l’aide humanitaire dans les zones occupées, ainsi que la protection judiciaire.
Peu avant, l’évaluation du suivi du mécanisme du cessez-le-feu avait abouti à la signature d’un mémorandum d’entente sur l’intégration de l’AFC/M23 dans ce mécanisme, aux côtés d’autres parties comme la MONUSCO, la CIRGL et le gouvernement congolais.
Par Hélène Bujiriri