Au moment où le monde célèbre, le 11 mai de chaque année, la Journée mondiale des espèces menacées, le regard se tourne vers le Sud-Kivu, une province dont la biodiversité reste remarquable mais de plus en plus exposée.
Les parcs restent fragilisés, les réserves sous pression, avec une conséquence flagrante sur les espèces animales et végétales menacées.
Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, la destruction du couvert forestier se poursuit sous l’effet de la coupe illicite du bois, de la carbonisation et de l’extension agricole. Des structures environnementales locales alertent sur la dégradation progressive de certaines zones forestières, avec un impact direct sur les habitats naturels.
C’est par exemple le Parc national de Kahuzi-Biega, l’un des principaux patrimoines écologiques de la province, qui demeure parmi les zones les plus sensibles. Classé au patrimoine mondial, il abrite notamment les gorilles de plaine orientale. Selon l’UNESCO, ce parc reste confronté au braconnage, à l’exploitation minière illégale, aux incursions de groupes armés ainsi qu’à l’occupation de certains espaces protégés.
Reconnue pour sa richesse exceptionnelle en espèces animales et végétales, la Réserve naturelle d’Itombwe fait aussi face à de nombreuses pressions. Alors qu’elle abrite des primates rares, plusieurs espèces d’oiseaux et une flore particulière, cette réserve survit malgré les défis de conservation et le manque de surveillance.
Dans le territoire d’Idjwi, la réserve de Musisi figure également parmi les espaces naturels qui nécessitent une attention particulière. Des observateurs locaux évoquent des pressions liées aux activités humaines, notamment l’exploitation des ressources et l’occupation progressive de certains espaces naturels.
Dans certaines zones comme la plaine de la Ruzizi et ailleurs, l’on rapporte un trafic sans précédent d’espèces animales et végétales, en plus de la présence de groupes armés et d’autres personnes qui utilisent des espèces animales protégées comme nourriture.
La flore subit elle aussi de lourdes conséquences. Déboisement, feux de brousse, constructions anarchiques et exploitation incontrôlée réduisent progressivement la couverture végétale dans plusieurs coins de la province. Sans habitat protégé, la survie de nombreuses espèces devient encore plus incertaine, alertent des activistes environnementaux.
Cette année, la Journée mondiale des espèces menacées est placée sous le signe de la protection de la biodiversité et de la sauvegarde des habitats naturels, avec un accent particulier sur la responsabilité collective face aux menaces qui pèsent sur la faune et la flore.
Par Omeur Mudekereza