Les petits commerçants de Bukavu font face à une multiplicité de taxes et d’impôts qui risquent de freiner leurs activités économiques. Le mouvement citoyen « Jeunes Nous Pouvons » dénonce cette situation et appelle les autorités du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) à clarifier la nomenclature fiscale en vigueur.
Dans un communiqué publié le jeudi 15 octobre 2026, cette organisation citoyenne affirme que l’administration fiscale de l’AFC/M23, désormais dénommée FRN, déploie de nombreux agents sur le terrain pour la collecte des taxes et impôts.
Selon le mouvement, une seule boutique peut être appelée à payer la taxe d’assainissement, celle due à la Direction provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER), la patente, ainsi que 6 000 francs congolais chaque samedi pour l’évacuation des déchets.
À ces prélèvements s’ajouterait l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), perçu pour le personnel, même lorsque celui-ci serait inexistant, rapporte « Jeunes Nous Pouvons ».
L’organisation estime que cette accumulation de prélèvements asphyxie les petits commerçants, déjà confrontés à une conjoncture économique difficile. Elle dénonce également le comportement qu’elle juge désobligeant de certains agents percepteurs, accusés d’agir sans respect ni courtoisie.
Face à cette situation, « Jeunes Nous Pouvons » demande aux autorités du FRN de tenir compte du contexte économique actuel, mais aussi de publier et de vulgariser la nomenclature des taxes et impôts.
Contacté à ce sujet, le directeur provincial de la Direction générale des impôts (DGI) au Sud-Kivu, Charles Kanege, précise que l’IPR évoqué dans le communiqué est prévu par le Code des impôts congolais et ne constitue pas une invention de l’actuelle administration.
Il affirme également que la nomenclature fiscale en vigueur a été adoptée à l’issue de plusieurs séances de travail avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), au sein de laquelle les petits commerçants sont représentés.
Selon lui, cette nomenclature a permis non seulement d’alléger les taux, mais aussi de supprimer plus de 35 % des impôts et taxes prévus dans l’ancienne nomenclature.
Charles Kanege invite par ailleurs les contribuables qui s’estiment victimes d’un traitement inapproprié de la part d’un agent fiscal à saisir le service auquel celui-ci est rattaché. Des sanctions pourraient être prises si les faits sont établis.
Concernant les frais liés à l’évacuation des déchets, le responsable de la DGI renvoie le mouvement citoyen vers la mairie de Bukavu, qu’il présente comme l’entité habilitée à examiner cette question et à y apporter une réponse.
Par Expedit Kyalu